Le Morvan
En quelques lignes et quelques mots

Etymologie

- Le massif était autrefois orthographié Morvand, formé de deux mots celtiques Mor et Vand, « Md » subsistant encore sur certains panneaux routiers.

- Une première définition étymologique, probablement la plus répandue, nous indique que cela signifieraient « Noires-Montagnes ».
- Une autre source, parfaitement recevable, nous propose en revanche cette autre étymologie : "Mor" ne signifierait pas "noire" mais bien "mer" comme dans Mor-Bihan (la "petite mer") ou comme dans "Ar-Mor" (le pays devant la mer). Van vient de "Vand" ou "Vent" qui, plutôt qu'une montagne, désigne une colline. Ainsi Mor-Van serait une "mer de collines"

- Le Morvan est un massif montagneux français situé en Bourgogne, aux confins des départements de la Côte-d'Or, de la Nièvre, de la Saône-et-Loire et de l'Yonne.
 

 Où se situe le Morvan

 
- Le Morvan est un massif montagneux français situé en Bourgogne, aux confins des départements de
la Côte-d'Or, de la Nièvre, de la Saône-et-Loire et de l'Yonne.
Il domine :
* à l'Ouest la dépression du Bazois et le Nivernais,
* au nord la Terre-Plaine et la dépression de l'Auxois,
* au sud et au sud-est les plaines du Charolais et de l'Autunois.
 
- Le point culminant du massif du Morvan est le Haut Folin (901 mètres).
 
- La région est marquée par un réseau hydrographique dense, avec notamment de nombreux lacs artificiels, et par un fort boisement.
 
- Le Morvan est protégé par un parc naturel régional depuis 1970. C'est le massif montagneux le plus proche de l'agglomération parisienne.
 
- Il peut être considéré comme une avant-garde granitique ou comme l'extension nord-est du Massif Central .
Le décret n°2004-69 du 16 janvier 2004 relatif à la délimitation des massifs inclut en effet les cantons du Morvan dans le Massif Central.
 
- Les habitants du Morvan sont les Morvandiaux et les Morvandelles.

 
Paysage dans le sud-Morvan (Nièvre).

Localisation


Carte de la localisation du Morvan

Géographie

- Altitude maximale : 901 m au Haut Folin
- Longueur : environ 100 km
- Largeur : environ 55 km
- Superficie : 5 134 km2
- Région : Bourgogne
- Départements : Il s’étend sur 4 départements et comprend 19 cantons
* Côte-d'Or : cantons de Liernais, Précy-sous-Thil, Saulieu
* Nièvre : cantons de Château-Chinon (Ville), Châtillon-en-Bazois, Corbigny, Fours, Lormes, Luzy, Montsauche-les-Settons, Moulins-Engilbert
* Saône-et-Loire : cantons de Bourbon-Lancy, d'Issy-l'Évêque, Lucenay-l'Évêque, Mesvres, Saint-Léger-sous-Beuvray
* Yonne : cantons d'Avallon, Quarré-les-Tombes, Vézelay
 
Carte de Bourgogne représentant les cantons administrativement
rattachés au massif du Morvan

Le Parc Naturel Régional du Morvan

- Le Parc Naturel Régional du Morvan (PNRM) a été créé en 1970.
 
- Suite à la dernière révision de sa charte le 27 avril 2007, le parc couvre à ce jour une surface de 290 900 ha et comprend 117 communes adhérentes ainsi que 6 villes partenaires.
 
- La maison du parc naturel régional du Morvan est située à Saint-Brisson.
 
- Les différentes conditions écologiques, climatiques et géologiques du massif impliquent une forte diversités dans les essences végétales recensées dans le Morvan. La présence de sols pauvres et acides (roches cristallines) et de sols riches et fertiles (roches volcano-sédimentaires), ainsi que différents types de climats (de type océanique à l'ouest, submontagnard au centre et continental à l'est) influent fortement sur la répartition des espèces. On note également la présence d'espèces protégées en Bourgogne (comme l'impatiente n'y-touchez-pas) ou des espèces déclarées d'« intérêt communautaire » par le réseau Natura 2000 (comme l'ache rampante ou le flûteau nageant).

Topographie

- Au nord, le Morvan ressemble à un vaste plateau bosselé qui s'élève lentement lorsque l'on avance vers le sud. Ces ondulations, qui s'étagent et viennent rejoindre en pente douce le Bassin parisien, forment le Bas-Morvan. L'altitude n'y dépasse pas 600 mètres. Dans la partie inférieure, au sud de Montsauche-les-Settons, se dressent les plus hauts sommets du Haut-Morvan.
 
- Le Morvan ne possède pas de monts très élevés puisque l'altitude maximale est atteinte dans la chaîne du Bois du Roi par le Haut Folin et ses 901 mètres. D'autres monts atteignent ou dépassent tout de même les 800 mètres :
* Le Grand Montarnu (point culminant de la Nièvre) : 857 m
* Le Mont Préneley : 855 m
* Le Bas Folin : 832 m
* Le Mont Beuvray : 821 m
* Le Bois de la Loge : 818 m
* Le Télégraphe, ou Tureau des Grands Bois : 800 m
* Le massif du Bois du Roi compte quelques monts secondaires comme le Haut Forgeot (809 m), les Trois Bornes (838 m) ou le Brûlé (882 m).
 
D'autres monts du Morvan :
* Le Montiant : 787 m
* La Roche de Suize : 766 m
* Le Mont Moux : 753 m
* Le Nid au Vautour : 684 m
* Le Signal d'Uchon : 681 m
* Le Calvaire à Château-Chinon (Ville) : 609 m
* La Montagne de Bard : 554,2 m

Entités paysagères

- Lors de la dernière révision de sa charte en 2007, le Parc Naturel Régional du Morvan a procédé à un découpage du territoire morvandiau pour obtenir 4 grands ensembles, subdivisés en 23 entités paysagères :
- Les 4 grands ensembles et leurs entités :
 
La « Dorsale boisée » correspond à des secteurs constitués de sommets, dont l'altitude varie de 500 à 900 m, et de cuvettes.
 
- Elle est située au centre du massif et couvre les territoires de communes telles que Arleuf et Planchez (dans le Haut Morvan boisé), Montsauche-les-Settons (dans le Haut Morvan des étangs), Saint-Brisson (dans le Haut plateau boisé) ou une partie de Brassy (dans la Marche boisée).
 
- Cette entité est constituée essentiellement de vastes forêts, avec de petites clairières, et de plans d'eau.
 
La « Dorsale boisée » comprend :
* Le haut plateau boisé
* La marche boisée
* Le haut Morvan des étangs
* Le haut Morvan boisé
 
Le « Morvan des 400 m », paysage montagneux du Morvan, est un ensemble de collines de granite dont l'altitude avoisine généralement les 300 à 500 m, à l'exception des environs du Mont Beuvray (qui culmine à 821 m) et des vallons du Chaloire (qui peuvent atteindre les 600 m). Le climat y est par ailleurs moins rude qu'au centre du massif.
 
- Dans ces secteurs, les espaces agricoles sont plus présents que les forêts, contrairement à la « Dorsale boisée ». En effet, si les hauteurs restent souvent couvertes de bois, les flancs de collines sont généralement cultivés ou utilisés pour faire paître les bêtes. Les villages et les routes principales se situent sur les bas des pentes et dans les vallées qui sont parcourues par divers cours d'eau (l'Yonne, l'Anguison, le Ternin, la Celle,...).
 
- Cette entité paysagère couvre plusieurs secteurs dans l'ouest, l'est et le sud du massif, notamment les communes de Montreuillon (dans la Vallée de l'Yonne), Chissey-en-Morvan (dans la vallée du Ternin), Anost (dans les vallons du Chaloire), Saint-Léger-sous-Beuvray (dans l'Autour du Mont Beuvray), Villapourçon (dans la vallée de la Dragne) ou encore Uchon (dans la Montagne autunoise).
 
Le « Morvan des 400 m » comprend :
* La Vallée de l'Anguison
* La Vallée de l'Yonne
* Les Collines de Brassy
* La Vallée du Ternin
* Les Vallons du Chaloire
* La Vallée de la Dragne
* Autour du Mont Beuvray
* Les Trois Vallées Encaissées
* La Montagne Autunoise
 
Les « Piedmonts », comme leur nom l'indique, sont situés au pied du massif, et offrent une large vue sur les plaines et plateaux qu'ils dominent : les «Franges». Les forêts laissent place ici aux plaines et vallées bocagères.
 
- Les piedmonts situés au nord et au nord-est sont relativement élevés : entre 300 et 400 m pour le Piedmont nord (autour de Quarré-les-Tombes et Chastellux-sur-Cure) et généralement 600 m pour les Marches de Saulieu (autour de Liernais et Saulieu). Plusieurs châteaux y ont d'ailleurs trouvés leur place logique.
 
- Ceux situés autour de Corbigny et Moulins-Engilbert, le Corbigeois et le Bazois sous Château-Chinon atteignent respectivement les 200 et 300 m. Ils sont quant à eux tournés vers les plaines du Bazois.
 
Les « Piedmonts » comprennent :
* Le Piedmont Nord
* Le Corbigeois
* Les Marches de Saulieu
* Le Bazois sous Château-Chinon
 
Les « Franges » délimitent le massif au nord, à l'est et au sud. L'altitude ne dépassent guère 200 m au nord et atteint difficilement 400 m à l'est et au sud.
 
- Elles se situent autour de Vézelay (dans le Plateau calcaire), Avallon (dans la terre plaine), de Précy-sous-Thil à Autun (dans l'Auxois des buttes et la Plaine d'Autun), jusqu'à Étang-sur-Arroux (dans le val d'Arroux) et Luzy (dans les collines de Luzy).
 
- Ici, les formes arrondies des sommets et les crêtes boisées laissent place à aux formes aiguës des plateaux calcaires au nord et aux vallées ouvertes au sud, à l'exception de certaines vallées encaissées comme les gorges de la Canche.
 
Les « Franges » comprennent :
* Le Plateau Calcaire
* L'Auxois des Buttes
* La Plaine d'Autun
* Le Val d'Arroux
* Les Collines de Luzy
* La Terre Plaine

Climat

- Le climat morvandiau se caractérise par des précipitations nombreuses et importantes, des automnes et hivers longs et rigoureux et des températures modérées dont l'amplitude annuelle est supérieure à 20 °C.



- En raison de sa position et de son altitude, le massif du Morvan connaît des pluies fréquentes et abondantes.
Il reçoit en moyenne 1 000 mm d'eau par an sur ses bordures et plus de 1 800 mm sur les sommets les plus élevés.
Il pleut ou il neige près de 180 jours par an sur les sommets.

Hydrographie

- Le relief, la pluviosité et l'absence d'infiltration des eaux en profondeur déterminent donc un réseau hydrographique complexe.
Les vallées principales sont alimentées par une multitude de petits ruisseaux. Parmi les principaux cours d'eau figurent l'Armançon, l'Arroux, l'Ouche et l'Yonne.

- On remarque ainsi de nombreux cours d'eau (voir Rivières/Sources, ICI) qui alimentent des lacs artificiels (le lac de Pannecière-Chaumard (520 ha) et le lac des Settons (320 ha) sont les plus célèbres). Ces lacs spectaculaires constituent un fort atout touristique pour la région.

- Les 4 autres « grands lacs » du Morvan sont : le lac de Chamboux (75 ha), le lac de Chaumeçon (135 ha), le lac du Crescent (165 ha) et le lac de Saint-Agnan (140 ha).

- Les roches métamorphiques du Morvan renferment des nappes de faible puissance (quelques mètres), donnant naissance à de nombreuses sources, favorisant ainsi l'existence d'importantes zones humides (tourbières, prairies humides...).

- L'eau est peu chargée en sels (eau douce) et de bonne qualité. Les pollutions chimiques sont peu nombreuses du fait de la faible densité de population.

Géologie

Carte géologique du massif du Morvan
Ère primaire :
- Durant le Paléozoïque, il y a environ 400 millions d'années, le plissement hercynien fait surgir de hautes montagnes (Le Massif armoricain, les Vosges, les Ardennes, le Massif central), dont le Morvan.

- Cette montagne est formée de roches métamorphiques (gneiss, micaschistes) mêlées à des roches magmatiques (granites, porphyres).

- L'érosion finit par abaisser le Morvan qui est ainsi ramené à l'état de socle montagneux.

- Le climat chaud et humide favorise l'apparition d'une végétation exubérante. Finalement enfouis sous d'épaisses masses d'alluvions, et par suite de fermentation, les débris végétaux sont transformés avec le temps en houille. Des dépôts carbonifères se forment alors entre le massif du Morvan et le Beaujolais (Autun, Montceau-les-Mines).


Ère secondaire :
- Durant le Mésozoïque, il y a 200 millions d'années, suite au lent affaissement du socle hercynien, la mer envahit complètement le bassin parisien, allant jusqu'à immerger le Morvan qu'elle recouvre de marnes et de calcaires. Ces sédiments s'empilent alors sur le socle granitique.

- Suite au retrait des eaux, l'érosion reprend son action et abaisse le Morvan d'au moins 1 000 mètres. Les marnes et calcaires sont alors rejetés vers l'Auxois, le Bazois et le Châtillonais.

Ère tertiaire :
- À partir du Paléogène, il y a 60 millions d'années, le massif fut basculé vers le nord suite au mouvement de surrection du plissement alpin. Ce mouvement violent provoqua des fractures du sol et raviva l'action des eaux vives qui reprirent alors le creusement de leurs vallées en gorges.

 Centre géographique de la zone Euros

- De 2001 à 2010, le centre géographique de la zone euro était situé dans le Morvan.

     
De 2001 à 2006, il se trouvait sur la commune de Montreuillon.


En 2007, avec l'arrivée de la Slovénie, il fut identifié sur la commune de Mhère.

     
En 2008, avec Chypre et Malte, il était à Ouroux-en-Morvan.


De 2009 à 2010, avec l'entrée de la Slovaquie dans la zone euro, il se situait à Liernais.


Depuis 2011, avec l'Estonie, il a quitté le Morvan par l'est (Villy-en-Auxois ?)
et ne peut plus maintenant que continuer à s'enfuir plein Est...

- En 1928, Joseph Archer, industriel et homme politique originaire du Morvan avait lançé la création d'une monnaie européenne, Europa.

Le tourisme en Morvan

Musées :
- Le Morvan dispose d'un écomusée regroupant 7 maisons à thèmes dispersées dans diverses communes du massif :
* la Maison du Seigle à Ménessaire
* la Maison des Galvachers à Anost
* la Maison Vauban à Saint-Léger-Vauban (Le Morvan est le pays de Vauban. Il y naquit en 1633 et y vécut durant son enfance).
* la Maison de l'élevage et du Charolais à Moulins-Engilbert
* la Maison des Hommes et des paysages à Saint-Brisson
* la Maison du Patrimoine Oral à Anost
* la Maison des enfants de l’Assistance Publique et des nourrices à Alligny-en-Morvan 

- On trouve également d'autres musées propres au Morvan comme :
* le musée de la Résistance en Morvan à Saint-Brisson,
* le musée de la civilisation celtique à Saint-Léger-sous-Beuvray
* le musée du Costume et des Arts et Traditions populaires du Morvan à Château-Chinon (Ville).  
* le muséum d'histoire naturelle d'Autun à Autun.
Ainsi que le musée du Septennat de François Mitterrand à Château-Chinon (Ville)

Sentiers de randonnées :
- Le massif dispose de nombreux sentiers et parcours de randonnées pédestres, équestres et à VTT avec entre autres :
* le GR 13 qui traverse le massif du Morvan du Nord au Sud ;
* le GR de Pays Tour du Morvan qui permet de faire le tour du massif ou de le traverser d'Est en Ouest ;
* le GR 131 qui relie le Mont Beuvray à Autun ;
* le chemin Bibracte-Alésia qui relie les oppidums gaulois de Bibracte et d'Alésia.

Le Haut Folin :
- C’était la station de ski-alpin la plus proche de Paris, elle reste la station de ski de fond la plus proche de Paris.
Cilquez ici pour voir la rubrique consacrée au Haut-Folin

 Economie

- Le Morvan est encore très marqué par l'agriculture puisque 29% des actifs travaillent dans le secteur primaire.

- L'activité est essentiellement traditionnelle et basée sur l'élevage bovin (race charolaise) dans des parcelles très morcelées (moins d'un hectare en moyenne, et 50 ha en moyenne pour la totalité d'une exploitation). Les autres types de culture et d'élevage restent plus discrets.


Boeufs charolais

- La sylviculture morvandelle, quant à elle, fournit tous les hivers la France en sapins de Noël (notamment la région du Haut Folin). La forêt recouvre d'ailleurs près de 50% du Morvan. Les forêts de feuillus et de résineux sont en concurrence mais ce sont les résineux, profitant du développement des douglas, qui gagnent peu à peu du terrain (78 000 ha de feuillus contre 43 000 ha de résineux).


Plantation de sapins "de Noël"


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 Culture et traditions populaires

Musique :
- La musique du Morvan se rattache à une aire culturelle qui englobe tout le centre de la France (Berry-Bourbonnais-Nivernais) et se caractérise par un répertoire ayant subi une forte influence de la musique auvergnate de Paris.


Le vielleux,
peinture de Pierre Labrousse
peintre du Morvan

Vielle à roue :
tout comme l'accordéon, c'est l'un des instruments les plus répandus en Morvan.


- L'accordéon diatonique et l'accordéon chromatique :
malgré leur arrivée tardive au début du XXe siècle, ils font partie des instruments les plus populaires et les plus utilisés pour la musique traditionnelle morvandelle.


- La cornemuse (ou « Panse d'oueille » ou Zuarne) :
après avoir quasiment disparue après 1950, le nombre de joueurs de cornemuse est de nouveau élevé dans le Morvan depuis la fin des années 1980.


- Le violon :
alors qu'il était très présent sur l'ensemble du massif et ses pourtours, il est aujourd'hui moins répandu que les précédents instruments et est surtout présent dans les secteurs ou la vielle l'est moins, c'est-à-dire dans le nord du massif.


- La Morvandelle :
Dans cette région pauvre qui nourrissait mal ses enfants, la vie était difficile. Les morvandiaux traduisaient en chanson leurs conditions de vie. La Morvandelle est un texte relativement récent, puisqu'il fut écrit en 1903 par le poète Maurice Bouchor, à la demande de l'Amicale des instituteurs de la Nièvre. La mélodie est une vieille chanson morvandelle : « le galant d’lai Nan-nette ». Cette chanson, emblématique du Morvan, évoque un pays pauvre et rude, mais fier de sa liberté. Elle déplore que Paris leur prenne femmes (les nourrices morvandelles étaient réputées) et bois (les bûches du Morvan partaient par l'Yonne et la Seine en bois de chauffage).

Habillement traditionnel et folklorique :

- Reconstitution de costumes morvandiaux par la troupe des Galvachers du Morvan

- Les tenues traditionnelles ne sont aujourd'hui guère portées hormis lors de manifestations folkloriques et fêtes de village. Leur utilisation a néanmoins perduré jusqu'au début du XXe siècle.

- À la campagne, le paysan morvandiau portait généralement un pantalon surmonté d'une « biaude » : une blouse, généralement bleue et qui arrivait à mi-cuisses pour les cultivateurs. Les vendeurs de bétail portait quant à eux une «biaude » grise ou noire qui tombait jusqu'aux genoux. Il portait également la « colmelle » ou « coulmelle » : un chapeau de feutre noir à bords plus ou moins larges, ainsi qu'un foulard rouge noué autour du cou. Il se chaussait de sabots en bois verni qu'il portait pieds nus.

- À la ville, d'autres habits étaient portés pour les jours de fêtes, ou plus généralement par les citadins. Les hommes portaient alors un pantalon à pont (constitué d´une pièce d´étoffe en forme de trapèze qui se rabat sur le devant), habituellement de couleur sombre (noir ou gris) ou bien blanc pour les jours de fête, fait en poulangis (étoffe nivernaise analogue à la serge ou à la tiretaine). Ce pantalon était accompagné de guêtres, également en poulangis le plus souvent, remontant jusqu'au genoux et retenues habituellement par un fil de laine. Le tout était surmonté d'une veste. Ce pouvait être une « dômaire » (ou « daumière »), une longue veste colorée fendue formant des basques larges tombant jusqu'à mi-cuisses. On trouvait également la « c'miyôle », une veste courte et colorée.

Gastronomie :

- La gastronomie traditionnelle du Morvan est issue essentiellement des ressources produites par les fermes au XIXe et du début du XXe siècle : vache, porc, volaille, pomme de terre, lait et œuf.

- Le Morvan étant un « pays rude », la nourriture se devait d'être simple et consistante. Les mets sont donc souvent très gras et basés sur de la charcuterie. On produit notamment le « jambon du Morvan » et les « terrines du Morvan » dans les environs de Château-Chinon, Arleuf ou Onlay.

- Le Morvan produit également des fromages comme le « Saint-Alban » ou le « Fin Morvan ».

- Dans les plats typiques l'on retrouvera :
* La potée bourguignonne : échine de porc cuite à l'eau durant de nombreuses heures avec des légumes d'hiver (chou, carottes, pommes de terre, navets, oignons) ;
* La galette aux griaudes (ou brioche aux griaudes) : brioche salée à base d'œuf, de farine, de lait, de levure et de lard de cochon poêlé ;
* Le crapiau morvandiau (ou grapiau morvandiau) : crêpe salée épaisse à base de farine de sarrasin, de lait, d'œufs et de lard de cochon poêlé ;
* La rapée morvandelle : une galette à base de de pommes de terre râpées.

- Selon les secteurs, la pâte peut-être agrémentée de fromage blanc, d'œuf et/ou de gruyère râpé.

 Architecture

Maison typique morvandelle de l'époque médiévale
(dessin de Eugène Viollet-le-Duc).
Architecture d'antan :

- Les maisons traditionnelles rurales du Morvan ont été implantées, depuis l'époque médiévale, selon des critères bien établis, c'est-à-dire à proximité d'une source, de terres cultivables et de forêts dont le bois servait pour le chauffage et la construction. La présence de carrières de granit et d'arène jouait également un rôle important dans leur construction.

- Les habitations traditionnelles peuvent être isolées ou regroupées en petit hameau. Ces derniers hameaux prennent quelques fois le nom d'huis à partir du XIVe siècle. Ces constructions sont installées de préférence à l'abri d'une colline, à mi-pente sur le versant nord, plutôt qu'au fond d'une vallée. Leurs façades sont quant à elles plutôt orientées vers le sud ou l'est afin de tourner le dos aux vents froids du nord et aux pluies venant de l'ouest.

- Deux fenêtres sont généralement disposées de part et d'autre de la porte d'entrée. À l'extérieur, un escalier en pierre permet l'accès au grenier. Ce dernier est généralement carrelé sur une couche de terre et est aéré par de fines ouvertures oblongues. La toiture est assez pentue afin de faciliter la descente de la neige durant la période hivernale.

- Les plus petites maisons sont constituées d'une pièce principale unique, avec une annexe, généralement accolée à la bâtisse sur un pignon, comprenant généralement l'âtre de la cheminée, un poulailler et un four à pain. Les plus grandes maisons ou fermes comprennent les mêmes éléments, avec en plus une grange, une étable et des remises (appelés encore aujourd'hui des toits ou toitons), pouvant servir de cellier ou de porcherie. Ces toits pouvaient également se situés à l'entresol si la bâtisse n'était pas de plain-pied.

- Les maisons typiques morvandelles suivent une architecture autarcique, c'est-à-dire qui utilise des matériaux locaux, issus de la culture ou d'extraction :
* Le bois, d'essences locales (chêne, châtaignier), était utilisé pour la charpente de la toiture, les linteaux de portes de grange, ainsi que pour le mobilier.


Maison recouverte de Bardeaux
("tuiles" de chataigner...) 


... la même rénovée .

 
     

 * Le chaume, provenant de la paille de seigle, était principalement utilisé compte tenu de son faible coût. Le Morvan, jusqu'à la fin du XIXe siècle comptait en effet de grandes superficies de culture de seigle, notamment dans les cantons de Château-Chinon et de Montsauche. Du fait de son inflammabilité, du risque de pourriture ainsi que du recul de la culture de seigle, le chaume fut peu à peu remplacé par l'ardoise d'Angers à partir de la fin du XIXe siècle.
* La chaux servait de mortier pour maçonner les murs (intérieurs et extérieurs) du logis et des dépendances. Elle les protégeait tout en les laissant respirer.
* L'arène granitique, associée à la chaux ou à de la terre, permettait la construction des murs.
* Le granit taillé permettait la réalisation de linteaux de fenêtres et d'entourage de portes. Il provenait de petites carrières proches ou de carrières plus importantes comme celles de Lormes ou de La Roche-en-Brenil.

Les huis :
- Un huis (écrit parfois huy ou hui) est un nom typique du massif du Morvan, notamment dans sa partie nivernaise, donné à certains hameaux composés de quelques maisons ou fermes morvandelles (3 ou 4 quatre généralement). On compte près d'une centaine d'huis dans le Morvan.

- Ce mot a une origine latine, ostium, c'est-à-dire la porte et par extension, la maison.

- Ce premier terme, porte, désignait les menuiseries très grossières faisant fonction de porte. Le huis consiste en une série de planches simplement jointives, doublées par d'autres planches disposées de manière à se relier aux premières par des clous.
 
- Le second sens, la maison, est apparu à partir des XIVe siècle et XVe siècle.

- Suite à la pandémie de peste noire et à la Guerre de Cent ans, de nombreuses terres morvandelles ont en effet été ravagées et abandonnées et les populations décimées. Pour reconstruire et repeupler le Morvan, de nouvelles habitations sont construites dans les clairières artificielles qui font suite à la poursuite du défrichement du massif durant le Moyen Âge.

- Ces nouveaux hameaux, isolés des villages auxquels ils sont rattachés, prennent dans le Morvan le nom particulier d'Huis. Cette appellation est suivi d'un nom, correspondant le plus souvent à celui de la personne ayant procédé au défrichage de la clairière : par exemple, l'Huis-Dupin (rattaché à la commune de Gâcogne), est un hameau fondé par André Dupin.

HUIS ANDRE Montigny-en-Morvan
HUIS AU CLAIR Mhere
HUIS AU FROT Gacogne
HUIS AU PAGE Gacogne
HUIS AU ROI Chaumot
HUIS AU ROI Pazy
HUIS AU ROI St-Hilaire-en-Morvan
HUIS BARAT Chalaux
HUIS BARGEOT Marigny-l'Eglise
HUIS BARRE Marigny-l'Eglise
HUIS BARRY Maux
HUIS BAUDON Vauclaix
HUIS BEAUPIED Mhere
HUIS BERNARD Chaumard
HUIS BERNARD Luzy
HUIS BILLARD Montigny-en-Morvan
HUIS BILLIEN Chatin
HUIS BLIN Brassy
HUIS BLONDEAU Brassy
HUIS BOBIN Marigny-l'Eglise
HUIS BOILEAU Gacogne
HUIS BONNEQUIN Pouques-Lormes
HUIS BONNIN Dun-les-Places
HUIS BOUCHE Brassy
HUIS BOULARD St-Hilaire-en-Morvan
HUIS BOURDIAUX Gacogne
HUIS BREE St-Hilaire-en-Morvan
HUIS BRION Onlay
HUIS BROCHARD Gacogne
HUIS BROUILLARD Empury
HUIS CARRE Brassy
HUIS CHAMARD St-Hilaire-en-Morvan
HUIS CHAMPNOIS Mhere
HUIS CHATELAIN Dun-les-Places
HUIS CHAUDOT Chatin
HUIS DE LA LOGE St-Hilaire-en-Morvan
HUIS DES CAS Montigny-en-Morvan
HUIS DES CHENES Dun-les-Places
HUIS DES MEUNIERS Dun-les-Places
HUIS DES RAPES Dun-les-Places
HUIS DIOLOT Brassy
HUIS DUMEE Brassy
HUIS DUPIN Gacogne
HUIS GALLY Dun-les-Places
HUIS GAUBIER Chatin
HUIS GAUDRY Château-Chinon-Campagne
HUIS GAUMONT Montsauche
HUIS GAUTHEREAU Gacogne
HUIS GIGOT Crux-la-Ville
HUIS GILLOT Dun-les-Places
HUIS GOUNOT Marigny-l'Eglise
HUIS GOURDIN Montigny-en-Morvan
HUIS GOUSSOT Mhere
HUIS GRILLOT Corancy
HUIS GRIVIOT Maux
HUIS GUENIN RENAUD Bazoches
HUIS GUILLOT St-Hilaire-en-Morvan
HUIS GUYARD Ouroux-en-Morvan
HUIS HAUTEUR Montigny-en-Morvan
HUIS L'ABBE Corancy
HUIS LABOUR Maux
HUIS LARDY Ouroux-en-Morvan
HUIS LAURENT Dun-les-Places
HUIS LAURET Vauclaix
HUIS MAILLOT Chaumard
HUIS MARECHAL Pouques-Lormes
HUIS MIGNAULT Montigny-en-Morvan
HUIS MIRE Ouroux-en-Morvan
HUIS MORIN Lormes
HUIS MOROT Montigny-en-Morvan
HUIS MOUILLOUX Vauclaix
HUIS NAUDIN Brassy
HUIS NOLIN Lormes
HUIS NOLOT Montigny-en-Morvan
HUIS PATAUT Vauclaix
HUIS PERIGOU Maux
HUIS PERRAULT Blismes
HUIS PICARD Montigny-en-Morvan
HUIS PIERDET Blismes
HUIS PILLAVOINE Gacogne
HUIS PREAULT Chatin
HUIS PRUNELLE Planchez
HUIS RAVET Blismes
HUIS RENAULT Brassy
HUIS RODOT Ouroux-en-Morvan
HUIS SEIGNEROT Maux
HUIS SEUILLOT Montreuillon
HUIS TARDY Pouques-Lormes
HUIS TAUPIN Gacogne
HUIS TRIPIER Dun-les-Places
HUIS VACHER Lavault-de-Frétoy
HUIS VOLTOIS Brassy
HUISSIER Aunay-en-Bazois
HUY BABOULOT Dommartin
HUY BOBIN Dommartin
HUY JACQUES Dommartin
HUY LE SATRE Dommartin
HUY MOREAU Alluy
HUY RAMAT Dommartin
HUY REBEILLARD Dommartin
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Architecture contemporaine :
- Afin de préserver l'identité du territoire et la qualité paysagère et environnementale du Morvan, et rester cohérent avec le label de Parc Naturel Régional, le Parc est partenaire des mairies, des (ex) Directions Départementales de l'Équipement (DDE) des 4 départements bourguignons et des 3 conseils d'architecture, d'urbanisme et d'environnement (CAUE) de la région.

- Dans cette optique, le Parc a pour mission d'informer et conseiller tout habitant souhaitant construire ou rénover une habitation dans le massif du Morvan. Une majorité des demandes de permis de construire transitent par le Parc qui donne alors un avis simple sur les aspects architecturaux et l'intégration dans le territoire des projets des habitants. La DDE, la mairie et le CAUE sont alors libres de suivre ou non cet avis consultatif.

- Ainsi, le Parc propose certains fondements et principes de base pour les constructions et rénovations dans le Morvan dont voici quelques exemples :

**- Il est déconseillé de construire son habitation en situation de mitage, et de préférer une implantation dans la continuité du village ou du hameau, tout en respectant l'implantation et l'orientation des bâtiments voisins déjà existants.

**- Il est également conseillé de conserver la pente naturelle du terrain en y « collant » la construction et en y intégrant une cave semi-enterrée et/ou une terrasse, c'est-à-dire de ne pas réaliser de remblais ou talus trop importants.

**- Les murs d'enceinte de 2 mètres, les murs en parpaings apparents et les haies en thuyas sont à proscrire au bénéfice de murets d'environ 1 mètre ou de haies d'essences locales.

**- Il est conseillé d'éviter les façades en pignon et les toitures à pentes multiples, et de préférer des volumes simples sur un plan de forme rectangulaire.

**- Il est déconseillé d'utiliser de multiples formats d'ouvertures, de respecter un alignement trop rigoureux des linteaux et de réaliser trop d'ouverture sur les pignons. Il est préférable de privilégier l'asymétrie des niveaux des percements et de conserver les ouvertures existantes dans l'ancien bâti.

**- De même, les fenêtres plus hautes que larges et les volets en bois seront privilégiés aux grandes baies vitrés et aux volets roulants et/ou en PVC.

**- Les enduits en ciment gris, les joints creux, le PVC ou tout matériau exogène au Morvan sont à éviter. On préfèrera l'enduit à la chaux, le bois peint et les pierres locales.

**- On évitera également les couleurs vives, le bois lasuré et le blanc en façade. On préférera des couleurs rosées ou ocres pour les enduits de façades, gris-ardoise et rouge-tuile pour les toitures, et des nuances de bleu, rouge ou gris pour les menuiseries extérieures.

... Maintenant, nous pouvons regretter que certains responsables ou conseils aient quelques difficultés à faire la différence entre "conseiller" et "obliger" ou entre "déconseiller" et "interdire" ou encore, plus simplement, à concevoir que nous sommes entré dans le 21ème siècle...
 

 
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