Jacques Felix Baudiau

Mais quels sont ses « vrais » Nom et Prénom ?

Bonnes questions pour démarrer ce dossier.

Avant 1853, son nom est orthographié « Baudiot » puis deviendra « Baudiau ».
Pourquoi ? Mystère ! Mais il s’agit bien du même personnage... Dont nous n'avons aucun portrait...

Quant-à son prénom, certains le prénomme Jacques-François, d’autres Jean-François, d’autres encore Jacques et ceux qui ne veulent pas prendre de risques simplement « JF », c’est d’ailleurs sous ces initiales qu’ont été publiés ses essais « Le Morvand ou essai géographique, topographique et historique de cette contrée » en 1854, ce qui ne nous aide pas...
Je pencherai personnellement pour Jacques-Félix, prénom sans doute plus répandu à cette époque.

Le doute subsiste néanmoins, Wikipédia affiche Jacques-François en titre et continue allégrement sa description avec Jacques-Félix…

Sa naissance, sa jeunesse

Jacques-Felix est né le 15 Octobre 1809 sur les bords de la Cure aux Fèves, un hameau de la commune de Planchez (58).

Son père Claude était originaire de ce hameau, sa mère, Reine Chaumien, venait du hameau voisin, « Grosse » sur la même commune.
Son père décède alors qu’il a tout juste trois ans. « JF » est alors confié à son grand-père et vient avec lui au Moulin de Chevigny (ne cherchez pas le moulin, il est aujourd’hui au fond du lac des Settons…).

C’est bientôt l’école, à Planchez, à 7 kilomètres que l’on fait en sabots, été comme hiver, en emportant son « repas » du midi dans une gamelle que la maitresse fera probablement chauffer, pas question de rentrer déjeuner à la maison.

Son éveil lui vaut d’être épaulé par son instituteur ainsi que par le curé de Planchez, l’abbé Gonin, qui lui aurait appris le latin. « Aurait » car là aussi il y a quelques divergences… Cela aurait pu être aussi le curé de Montsauche, l’abbé Benoit.

Puis ce sera le petit séminaire de Nevers, avec la carriole à farine jusqu’à Château-Chinon et la diligence jusqu’à Nevers

« JF » Prêtre

Depuis le séminaire, la carrière était toute tracée.

Sous-Diacre en 1831, Diacre en 1832, il fut prêtre en 1833, ordonné par Louis Robert Paysant, évêque d’Angers, vicaire à Château-Chinon en 1834 et curé de Montigny-sur-Canne (58) en 1835.

En 1844, il est nommé curé de Dun-Les-Places où il restera 30 ans.

A cette époque, Duns-les-Places ne disposait que d’une vieille église qui menaçait ruine.
Le maire, le Chevalier Marie-Augustin-Xavier Feuillet (marin et corsaire né à Paris mais d’origines morvandelle, mort à Dun-les-Places), ex-lieutenant de vaisseau, lui offrit les moyens d’en construire une nouvelle, c’est celle que l’on connait aujourd’hui.

En 1876, il sera nommé « curé doyen » d'Entrains-sur-Nohain (58).
Il y continuera son travail d'historien et écrira là une « Histoire d'Entrains depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours » publiée en 1879.

Ses études sur le Morvan

C’est à Dun-les-Places qu’il écrira ce qui est « la » référence des documents sur le Morvan (Morvand avec un « D » à l’époque) : « Le Morvand ou essai géographique, topographique et historique de cette contrée » publié en 1854.

Les trois tomes de cet ouvrage traitent aussi bien du paysage morvandiau, de ses habitants, de leurs caractères, de leur nourriture, décrivent les cantons, les paroisses, les villes, les constructions (châteaux et églises), l’histoire en général… Tout…

"Dans nos moments de loisir, nous avons visité chaque localité en particulier, étudié les monuments élevés par la main de l'homme ou produits par la nature. Ainsi tout ce que nous dirons du Morvan, des mœurs, des usages, des coutumes, des habitants, ne sera que ce que nous avons vu de nos yeux, entendu de nos oreilles, touché de nos mains"...

Ainsi retrouve-t-on par exemple dans ces pages, une description minutieuse de l’inauguration du Barrage des Settons et plus particulièrement des discours des officiels (Tome 1 deuxième édition, page 253 et suivantes)

En 1855, « JF »Baudiau reçu une « Mention très honorable » de l’Académie des inscriptions et belles lettres. L’ouvrage sera réédité en 1865, en 1965 et en 1990, preuve s’il en était besoins, de l’immense intérêt de cette œuvre.

Ses recherches, sa documentation, son observation, ses descriptions n’ont jamais fait l’objet d’une quelconque contestation, toutefois, devant cette masse de travail, une question vient à l’esprit : comment trouvait-il du temps pour se consacrer à son ministère et à « ses ouailles » ?

Sa fin

Le 17 Septembre 1880, alors qu’il avait pris quelques vacances chez sa nièce, à Quarré-les-Tombes, paroisse de l’abbé Henry, historien lui aussi, il meurt subitement…

« JF »Baudiau recevra des funérailles populaires à Quarré-les-Tombes et à Entrains-sur-Nohain où il sera inhumé.
Il semble que la paroisse de Duns-les-places où il a si longtemps officié ne lui ait pas rendu de véritable hommage à cette époque.

Sources documentaires

- Documentation personnelle
- Wikipédia
- Académie du Morvan : « Des Morvandiaux, de l’ombre à la lumière-JF Baudiau »
- Patrimoine du Morvan : http://www.patrimoinedumorvan.org/culture/personnages-celebres/labbe-baudiau-historien-du-morvan1809-1880" target=?
- « JF Baudiau : « Le Morvand ou essai géographique, topographique et historique de cette contrée »
- BNF Galica : « Le Morvand… Tome 1 deuxième édition pour l’inauguration du Barrage des Settons (page 253 et suivantes) : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5791782r/f262.item.r=253

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