Saulieu

Située au Nord du Morvan mais au cœur de la Bourgogne,
sur la Nationale 6 « historique »,
c’est « le » relais gastronomique bourguignon.

 Situation

 


Borne Impériale

Jusqu'en 2006, la « Nationale 6 » ou encore « route de Paris à Milan par Turin » de son appellation originelle (héritage des routes impériales), était l’une des plus grandes et des plus fréquentées parmis les routes nationales françaises.

Reliant Paris à l'Italie (par le col du Mont-Cenis) via Lyon et la Savoie, elle traversait la Bourgogne, le Morvan et Saulieu.

De l’époque napoléonienne, il reste une borne, présentée à côté de l’Office du Tourisme.

Origines

Il paraîtrait qu’un peuple du néolithique se serait installé sur le « Saulce », le hameau de Saulieu, il y a quelques 4 à 5 000 ans et que quelques fragments de silex caractéristiques auraient été retrouvés.

En revanche, l’étude du sol semble vouloir dire le contraire. Absence de vestige, pas de résidence celte ou gauloise.

La naissance de Saulieu, « Solis Locus », « Lucus », « Sidolocum » ou appelé parfois « Sidolocus », « Sédélocum » ou encore « Sédelocus », remonterait après la guerre des Gaules et la conquête par César, soit après l’an 58.

Ere gallo-romaine

Cette bourgade se trouve à mi-chemin entre Augustodunum (Autun) et Aballo (Avallon) sur la voie Aggripa joignant la Méditerranée à Boulogne.

Ce sont des vestiges de cette période qui ont été retrouvés, comme des monnaies, tuiles, céramiques, meules à grains mais aussi des stèles funéraires en granit local.

Les plus anciennes de ces stèles sont datées du IIIème siècle (après JC).
Elles pourraient être la marque d’une nécropole dont l’emplacement exact n’a pas encore été recherché.

Le moyen âge

Durement éprouvée lors des grandes invasions Vandales et Burgondes, Saulieu dut réduire son « train de vie ».

Une abbaye fut construite en l’an 706 et un legs somptueux vint redresser la ville.

En 731, les Sarrasins saccagent ville et abbaye et tout est à refaire.

Quelques années après, Charlemagne aide à la reconstruction de l’abbaye (pas trop de la ville…) et fait restituer les biens usurpés.
« Charles Martel, uni au duc d'Aquitaine, leur livra sous les murs de Poitiers une si terrible bataille, que plus de deux cent mille de ces farouches ennemis, avec Abdérame, leur chef, restèrent sur le terrain. De celle époque, le redoutable croissant ne reparut plus dans le centre de la France. Après cette éclatante victoire, le vainqueur, pour récompenser ses leudes qui l'avaient si puissamment secondés dans cette importante et glorieuse circonstance, leur distribua les terres des monastères renversés par les infidèles. Saint-Andoche de Saulieu, Saint-Martin d'Autun, Saint-Prix de Flavigny, perdirent ainsi presque tous leurs biens du Morvand ; mais Charlemagne, prince aussi généreux que chrétien, rétablit le premier avec une magnificence vraiment royale, et lui restitua tous ses domaines; c'est pourquoi cette abbaye regarda toujours ce pieux monarque comme son véritable fondateur, et prit le titre d’église royale. Un clocher lui-même, surmonté d'un triple dôme, était destiné par sa forme à rappeler la triple couronne impériale ».
(Le Morvand, ou essai géographique, topographique et historique sur cette contrée - Par Jacques-François Baudiau –
Tome I)

L’histoire de cette bourgade est fortement structurée autour des constructions –destructions - reconstructions successives de l’église et de l’abbaye.

En 1030 débuta une effroyable disette qui terrassât la région pendant 3 ans. L’histoire raconte que pendant la dernière année « on broutait l’herbe des prés, on arrachait la racine et l’écorce des arbres et on disputait la nourriture aux animaux… », « …on attaquait les voyageurs non pour les dépouiller mais pour assouvir une faim dévorante avec leurs chairs… ».

La peste qui suivit s’abattit sur une population affaiblit.

Les trois années prirent fin par une moisson abondante en 1033.

En 1225, les évêques d’Autun (dont les Vicomtes de Saulieu étaient les vassaux) décidèrent d’y construire un château fort et des remparts.

En 1359, au cours de la Guerre de Cent Ans, les Anglais détruisirent les remparts et brûlèrent la ville.

C’est en 1360 que débuta la reconstruction (encore une…). La ville de nouveau attaquée décida pour se protéger de construire de puissantes murailles. Une enceinte de 25 pieds (7,62 mètres) de hauteur, galerie couverte avec créneaux, glacis, bastions, 16 tours et 2 portes à pont levis.

C’est au cours de cette période moyenâgeuse que le nom de Saulieu semble avoir encore évolué.
On parle alors de « Saeluy » puis de « Saaleu ».

En toute fin du moyen-âge, en 1595, le roi Henri IV octroya à Saulieu ses armoiries et sa devise :
« His lilia tuebimur armis », « Nous défendrons ces lys de nos armes »

 Epoque contemporaine

L’ère dite de « grande prospérité » semble s’être ouverte sur Saulieu à partir du XVIIème siècle avec la construction du couvent des Ursulines.

Construit en 1624 sur les ruines (encore des ruines…) du château fort, il reçut les filles de la bourgeoisie provinciale.

Les arcades du cloître ainsi que la chapelle sont toujours visibles dans l’école primaire « Monge ».


L'école Monge

l'arrière du bâtiment

Un autre couvent, « Les Capucins » fut également construit, en 1641, dans le faubourg de Saint Jacques (c’est le bâtiment de l’ancienne Gendarmerie).

l'ancienne gendarmerie

Par ailleurs, si les attaques successives de la ville ont fait disparaître la majorité des constructions, il semble que par la suite les dernières fortifications aient eut un effet « auto destructeur ». C’est précisément parce que Saulieu était une ville « Relais » qu’elle se devait, en même temps que de s’assainir, d’aménager ses entrées et la circulation des diligences et autres véhicules.


La rue Savot.
On peut encore y voir les "chasse-roues" sur les pavés de chaque côté de la rue,
destinés à ramener les attelages vers le milieu de la voie

Bien que le dynamisme de la ville soit remonté jusqu’à nos jours, son activité majeure de relais de voyageurs sur la voie Aggripa est passé sous un relatif silence.

A cette époque pourtant, et depuis longtemps, les diligences et autres équipages faisaient halte au relais de poste ou en d’autres endroits.

Saulieu a dénombré quelques 300 chevaux « en poste ».

La rue de la rouerie (que doit-on entendre là : réparation de roues ou roublardise des artisans ?), par exemple, recevait en réparation les attelages malmenés par le mauvais état des routes et tout proche se trouvait, par commodité, le quartier des forges.

         
Une époque trés récente nous apporte ce que pouvait être le travail de ces artisans

Le 1er juin 1730 il est rappelé : « . . .comme il est à propos de régler le bon ordre qui doit être tenu pour entretenir les rues propres et seines que injonction soit faite à tous les habitants de balayer devant leurs maisons... de mettre en sus chacun devant chez soi les boues... le mercredi de chaque semaine..., la Chambre a fait défenses à tous les habitants de la ville de nourrir chez eux et dans l’enceinte de la ville aucun cochon à peine de cinq livres d’amende ».

Progressivement les rues sont pavées et les flaques glauques disparaissent, les toits de paille sont remplacés par des toits de tuiles, les ruelles élargies et les remparts bientôt démolis vont permettre la circulation d’un air moins fétide (à cette époque la ville comptait aussi une vingtaine de tanneries…).

En 1743 plusieurs projets d’aménagement voient le jour.

En 1789 les fossés sont comblés, les tours et les murailles supprimées, à l’exception de la tour d’Auxois, dépendance du couvent des Ursulines depuis 1624.

Cette fois c’est la ville elle-même qui s’attaque à ses protections.

 La tour d'Auxois

Appelée aussi « Tour épiscopale », c’est la seule rescapée des 16 tours qui composaient alors le château-fort détruit pour réaménager la ville en 1789.

Elle est surmontée d’une « croix de la mission » érigée le 25 juillet 1909.

Avec un reste de rempart qui y est accolé, le grand abreuvoir et ce que l’on peut prendre pour un semblant de fossé à ses pieds, nul autre vestige de ce passé.
 


La Tour d'Auxois


Les remparts et le grand abreuvoir (symbolisé)

A l'époque, la Tour d'Auxois et le grand abreuvoir avaient un tout autre aspect... Il y a bien longtemps que les boeufs n'y viennent plus.

(Cartes postales anciennes, collection Mairie de St Germain de Modéon)

Le site a été aménagé en 1960 en square en l’honneur du célèbre chef de cuisine Alexandre Dumaine, « Cuisinier des rois et roi des cuisiniers ».

Le square Alexandre Dumaine...

...Vu par Pierre Labrousse, Peintre du Morvan.
 

 Saint Andoche

Saint Andoche est sans doute l’une des plus belles églises romanes de Bourgogne.


Elle est classée au titre des monuments historiques depuis 1840.

Prosper Mérimée, écrivain, historien, archéologue mais aussi nommé inspecteur général des monuments historiques en 1834, contribua au classement de cette église.

Histoire :

Saint Andoche était un prédicateur grec de la fin du IIème siècle qui évangélisa la région.
Avec ses compagnons Thyrse, un diacre et Félix, un marchand, il fut l’un des premiers martyrs de la cause chrétienne en Bourgogne en l’an 177.

A cette époque, l’Empereur Marc Aurèle avait rédigé un « fort sympathique » édit que l’on peut résumer en ces termes :
« Quiconque se dira chrétien, nous voulons qu’on le soumette à tous les supplices, qu’on déchire ses membres dans les tortures et ceux qui, après cela, refuseront de sacrifier à nos dieux, nous ordonnons que le glaive mette fin à leur impiété et leur tranche la tête ».

Dans son ouvrage, « Le Morvand, ou essai géographique, topographique et historique sur cette contrée », Jacques-François Baudiau, raconte leur supplice :
« Saisis par une troupe de forcenés, ces trois hommes vertueux, dont tout le crime était d'avoir voulu éclairer de misérables aveugles, sont abreuvés d'outrages, puis traînés par les rues et déchirés à grands coups de verges et de cordes nouées. Enfin, les membres en lambeaux et les mains retournées derrière le dos, ils sont suspendus en l'air pendant toute une journée, afin de détourner, par la crainte des tourments, ceux qui seraient tentés d'abandonner le culte des dieux du pays. Comme ils vivaient encore lorsqu'on les descendit, on appliqua sur leurs membres meurtris des charbons ardents, et les bourreaux les achevèrent à coups de leviers. Alors les fidèles, qu'ils avaient si douloureusement enfantés à Jésus-Christ, recueillirent leurs restes mortels et les inhumèrent près du lieu de leur supplice. Une chapelle ayant été construite sur leur tombeau, il s'y fit, dans la suite, un concours considérable de pèlerins. Les aumônes qu'on y déposait devinrent si abondantes, qu'on songea, au sixième siècle, à y élever une abbaye pour loger les moines chargés de veiller sur le tombeau des martyrs. »

En cette période, on peut le comprendre, les lieux de culte chrétiens étaient plutôt discrets. Généralement des cryptes ou des maisons particulières dont certaines pièces étaient aménagées.

La plus ancienne église de France, St Martin de Moissac (82) daterait du IIIème siècle, la plus ancienne abbaye, Saint Martin de Liguré (86) du IVème.

Après avoir été simplement toléré, le christianisme deviendra religion officielle après 313.

Les dates de construction de l’édifice initial divergent. Certaines parlant de l’an 306 font probablement référence à la chapelle ayant été construite près des lieux du supplice. La construction de la première abbaye remonterait plus probablement au VIème comme l’annonce d’autres sources (Diocèse de Dijon).

En 747 une autre abbaye fut construite, destinée à remplacer celle détruite en 731 par les Sarrasins.
« Les Sarrasins appelés par Moronte gouverneur de Marseille et favorisés par les seigneurs de Bourgogne qui cherchaient à se rendre indépendants se répandent dans la patrie sur laquelle ils roulent comme un torrent dévastateur Lyon, Mâcon, Chalon sur Saône sont pillés saccagés. Autun emporté d’assaut est dévasté et réduit en cendres le 22 août 731 ».
« … Saulieu attaqué brusquement n’offre bientôt plus ainsi que son abbaye qu’un monceau de ruines. Mais au milieu des décombres gisait un trésor bien précieux surtout à cette époque de foi. C’était le tombeau des apôtres du pays qui échappa comme par miracle aux mains sacrilèges de ces barbares… »
(Le Morvand, ou essai géographique, topographique et historique sur cette contrée - Par Jacques-François Baudiau – Tome I)


Puis en 1080 fut construite l’église Saint Andoche sur les ruines de l’ancienne abbaye, sanctuaire carolingien.

Certaines sources parlent là des années 1130-1140 mais la translation des reliques ayant eut lieu en cette église en 1119 par le Pape Calixte II, elle n’aurait pas encore été terminée…

Parallèlement, certaines sources (dont JF Baudiau) parlent d’une translation des reliques par le Pape Pascal II alors que celui-ci était mort un an auparavant, le 21 janvier 1118…

Excepté les autres dommages qu’à pu subir cette église, comme un incendie ou la disparition de son cœur roman pendant la guerre de cents ans, elle est restée globalement le monument que l’on connaît aujourd’hui.

C’est seulement en 1919 que l’église fut érigée en basilique par le Pape Pie XI à la suite de la reconnaissance de miracles liés à St Andoche.

Extérieur :

Longue de 42 mètres pour 25 de large, elle dévoile une façade à l’étroit fronton triangulaire sous lequel s’ouvre un portail plein cintre (restauré sous le second empire, 1852-1870) orné de trois archivoltes (ou voussures).
 

Le portail...

...et ses archivoltes

Cette façade est encadrée par deux tours rectangulaires.

La tour de droite recouverte d’un toit de tuiles à 4 pans ne compte qu’un étage.


Les deux tours

La couronne

Celle de gauche, comporte deux étages et fut restaurée en 1760. Elle est surmontée d’un dôme à lanterne en plomb rappelant la couronne impériale de Charlemagne.

Intérieur :

Une cinquantaine de chapiteau orne la nef : végétaux, masques humains, aigles, sangliers, scènes de l’ancien ou du nouveau testament (le faux prophète Balaam, la fuite en Égypte) en sont les motifs.


Végétaux

Le faux prophète Balaam

La nef mesure près de 18 mètres de hauteur (le sol ayant pourtant été rehaussé de 1,80 mètre, ce qui à pour effet de « tronquer » la base des piliers).


La nef

De magnifiques stalles en bois sculté représentent Saint Roch (XIVème) ainsi qu’une Vierge au manteau (XVème)

Les chapelles bâties sur les côtés de la nef sont du XVème siècle

La basilique abrite le tombeau de Saint Andoche ainsi que l’évangéliaire (dit) de Charlemagne (livre liturgique, un des trois livres de messe avec le Missel et le Lectionnaire).

Le tombeau de saint Andoche

Le tombeau aussi appelé « le sarcophage de Saint Andoche », est en marbre de Carrare. Il est de forme arrondie au sommet et aux extrémités, mesure environ 2 mètres et est composé, naturellement, d’une « cuvette » et d’un « couvercle ».
C’est une reconstitution de l’original datant du IIIème ou du IVème siècle qui fut vendu au début du XIXème siècle à un marbrier dijonnais.
L’abbé « Lallemant », curée de Saulieu le racheta en 1848 et le fit restaurer par un artisan de Semur.

Les reliques de Saint Thyrse et Saint Félix se trouveraient elles derrière la porte située au fond de la nef.
 

La porte abritant les reliques de St Thyrse et St Félix

L’évangéliaire qui lui date du Vème siècle, orné de plaques d’ivoire byzantines, est d’une valeur inestimable. C’est donc une copie qui est présenté dans la chapelle des fonds baptismaux, l’original se trouvant au Musée François Pompon.


Chapelle des Fonds Baptismaux

L'évangéliaire dit de Charlemagne

Le grand orgue :

Le buffet de ce grand orgue, conçu par le plasticien Sibieude à la suite d’un concours, a été réalisé d’après ses plans par les facteurs d’orgues Millot et Jacquard (Manufacture de Plaisance), Daniel Birouste en ayant créé la partie instrumentale.


Le grand orgue

L’orgue fut achevé le 15 juin 2003 et présenté à la FFAO (Fédération Francophone des Amis de l’Orgue) le 11 juillet 2003.

Il est composé de trois claviers en poirier et ébène et d’un pédalier permettant de faire sonner les deux milles tuyaux répartis à l’intérieur des trois niveaux du buffet.

Les tuyaux, fait de bois ou d’alliage étain-plomb mesures de quelques millimètres de longueurs (aigus) à près de six mètres (graves).

Il est reconnu comme « un instrument moderne offrant une palette sonore originale adaptée à la musique d’hier et d’aujourd’hui ».

 Jean Bertin

Un enfant de Saulieu

Ses parents ayant longtemps habité Saulieu, Jean Bertin est considéré comme un « enfant de Saulieu » scolarisé au collège François Pompon.
Il est né le 29 septembre 1917 à Druyes-les-Belles-Fontaines (89), décédé le 21 décembre 1975 à Neuilly-sur-Seine (92).
Polytechnicien de la promotion 1938, il est également diplômé de l’École supérieure d’aéronautique,

Les moteurs d’avions

En 1944, il entre à la SNECMA (Société Nationale d’Etude et de Construction de Moteurs d’Avions) comme directeur technique chargé d’études spéciales sur les moteurs (dont l’inverseur de poussée qui équipe aujourd’hui la quasi-totalité des moteurs d’avions à réaction).

Bertin et Cie

C’est de sa société fondée en 1955, Bertin et Cie, que verront le jour des progrès sur « les effets de sol » (1957, bien connus de nos jours en F1), le brevet sur le « coussin d’air » (1961) appliqué aux transports (terraplane, un aéroglisseur terrestre en 1962), puis l’aérotrain sur lequel il travaillera entre 1963 et 1974.

L’aérotrain est et restera l’œuvre de Jean Bertin

Son rail en « T » inversé large de 3,40 mètres et haut de 0,90 mètre reste comme une empreinte.
Deux voies d’essais avaient été construites.

- La première entre Gometz-le-Châtel (91) et Limours (91) :

Elle a vu circuler le premier modèle, l’ « Expérimental 01 », le 16 décembre 1965 alors que la ligne initialement prévue sur 6,7 km n’en faisait encore qu’un seul.


Le "01" sur la ligne de Gometz
Photo Société Bertin
Collection personnelle de l’auteur du site
http://aernav.free.fr/Index.html

Ce handicap n’empêcha pas le prototype long de 10,11 mètres, pesant 2,6 tonnes et propulsé par un moteur d’avion à hélice de 260 cv à 3 pales à pas réversible d’atteindre les 90 km/h.

Les 6,7 km de voies furent achevés en février 1966. Le « 01 » atteignit alors les 200 km/h.

Afin de vérifier la tenue des coussins d’air à haute vitesse, le « 01 » fut équipé d’une fusée d’appoint portant sa puissance à 1 700 cv. Le 23 décembre 1966, il atteint les 303 km/h.

Modifié afin d’être propulsé par un réacteur d’avion, le « 01 » se voit équipé d’un réacteur de « Fouga-Magister », appareil qui équipa longtemps la Patrouille de France. Résultat : 345 km/h le 1er novembre 1967.

Cette ligne verra un nouveau record, battu par le prototype « 02 » cette fois, équipé d’un réacteur « Pratt et Whitney ». 300 km/h en mai 1968, puis 422 km/h, aidé là aussi d’une fusée d’appoint, le 22 janvier 1969.

Tout cela, rappelons le, sur moins de 7km…

- La seconde entre Ruan et Saran, près d’Orléans (45)

La construction de cette voie fut décidée par l’État le 18 décembre 1967, accompagnée d’un cahier des charges pour l’expérimentation, peu avant que Jean Bertin soit nommé membre de l’Académie du Morvan (1968).

Cette voie de 18 km/h diffère de la première en étant construite en viaduc.
Elle est équipée d’une plate-forme de retournement à chaque extrémité ainsi que d’une « gare » (une plate-forme et un hangar de remisage) à mi-chemin sur la commune de Chevilly.


L'Aérotrain I80 Haute Vitesse
Photo Société Bertin
Collection personnelle de l’auteur du site

http://aernav.free.fr/Index.html

Le « I80 » destiné à cette voie est présenté le 7 juillet 1969.

Le 13 septembre le « I80 » atteint les 250 km/h avec une hélice carénée (semblable à celle du terraplane…) développant quelques 2 200 cv.

Le « S44 », version à propulsion électrique conçue pour une vitesse de 200 km/h et destinée aux transports suburbains voit également le jour en 1969.

Nouvelle modification du « I80 » en octobre 1973 avec la mise en place d’un turbo-réacteur. Le 5 mars 1974 les 430 km/h sont atteint.

L’Aérotrain c’était aussi :

A cette époque, un TGV lancé à 240 km/h avait une distance d’arrêt de 2 300 mètres. L’« I80 » n’avait besoin que de 900 mètres. Aujourd’hui environ 8 000 mètres sont nécessaires à l’arrêt d’un TGV roulant à 270 km/h.

Le succès enfin…

Le 21 juin 1974, un contrat fut signé avec le gouvernement et le projet de nombreuses lignes arrêté.

… mais de courte durée !
1 mois à peine !

Le 17 juillet 1974, le gouvernement fait volte-face et renonce définitivement au(x) projet(s)…
Mais pourquoi ?
-1) Contrairement au train (et au TGV), l'aérotrain ne peut pas changer de voie, la sienne est spécifique, il n'y a pas de réseau.
-2) A une époque de premier choc pétrolier, l'aérotrain est extrèmement gourmand en carburant.

Que reste-t-il de ces 2 lignes ?

Celle de Gometz-le-Chatel

Le rail subsiste dans la partie « sauvage » de l’ancienne ligne Paris-Chartre, recouvert par la nature qui a déjà repris ses droits.
Une partie de cette voie expérimentale sert aujourd’hui au contournement (automobile) en souterrain de Gometz-la-Ville.
Ce tronçon est équipé d’un giratoire à chaque extrémité rappelant l’œuvre de l’ingénieur Bertin. Le premier présentant le rail, l’autre une sculpture en élévation de l’« I80 ».

Celle d’Orléans :

Là encore, quelques photos, juste de vieux blocs de béton, des restes de viaduc, le tout en très mauvais état et probablement limite quant-à la sécurité.


Démolition pour faire place à l'autoroute
photo provenant du site http://boiteaoutils.blogspot.fr/2008/04/larotrain-ou-le-futur-du-pass.html

Triste fin...
L'Aérotrain I80 HV
La cabine passagers
Photo : Stéphane BASTIEN, 1987
http://aernav.free.fr/Index.html

Les passionnés auront sans doute suivi le calvaire des engins démontés, détruits sans la moindre émotion…

 François Pompon

François Pompon est un sculpteur animalier né à Saulieu le 9 mai 1855. Il décède à Paris le 6 mai 1933, à 78 ans.
Son corps fut rapatrié par le train jusqu'à Saulieu.
Une cérémonie eut lieu en la basilique St Andoche et il fut ensuite inhumé auprès des siens dans le cimetière St Saturnin.

Formé tout d’abord à l’école des beaux-arts de Dijon en 1870, il continua à l’école des Arts Décoratifs de Paris en 1875.

Orienté vers le portrait, ses qualités le firent engager auprès des plus principaux sculpteurs du moment : Dampt (1885), Mercié (1888), Falguière (1890). Il travailla peu après avec Rodin et devint son chef d’atelier en 1893, puis enfin avec Saint-Marceaux jusqu’en 1894.

La représentation animale le passionnera dès 1906. Ses modèles sont tout aussi bien des animaux domestiques que des animaux sauvages observés à Paris dans le Jardin des Plantes.

C’est en 1922 qu’il fut rendu célèbre par son ours blanc grandeur nature

L'Ours blanc représenté sous les ruines de la Tour d’Auxois.

Le « Grand taureau » est dernière œuvre du sculpteur François Pompon.
Il la réalisa en plâtre et c’est le fondeur Andro qu’il chargea de la couler en 1933.
François Pompon eut le temps de terminer cette sculpture avant de mourir.
L’œuvre originale fut achetée par la ville de Paris et se trouve au Petit Palais.

Cette œuvre répond au nom de « JUPITER », dieu de l'Olympe qui, selon la mythologie grecque, « se transforma en taureau pour séduire et enlever la belle Europe ».

En 1948, une souscription privée fut lancée par la Ville de Saulieu afin de commander une réplique de ce « Grand taureau ».
Le bronzier Hohwiller fut chargé de cette réalisation qui fut inaugurée le 4 juin 1949. Le président de l'Assemblée nationale (Édouard Herriot), Le maire de la ville (le docteur Roclore), le député maire de Dijon (le chanoine Kir) ainsi que le ministre de la communication (François Mitterrand) étaient présent.


Le grand taureau...

... et le médaillon

Le 16 novembre 2006, le « Grand taureau » a effectué sa dernière « transhumance » pour rejoindre l’entrée Nord de la ville, devant l'Office du Tourisme.

Cette œuvre unanimement appréciée a malgré tout ouvert une (sympathique) polémique : il ne s’agirait pas d’un taureau de race charolaise comme il semble être précisé, mais de race Schwitz, issue d'un élevage du Jura…

La médaille placée sur son socle représente François Pompon et a été sculptée par Albert David, originaire de Liernais, commune voisine de Saulieu.

Le Jardin des Plantes de Paris qui détenait quelques trois cents pièces léguées par François Pompon les a fait transférer définitivement au Musée des Beaux-Arts de Dijon.

Claude Courtépée

Grand historien bourguignon, il naquit à Saulieu le 23 janvier 1721.

Après avoir étudié le droit et être entré à la faculté de Dijon, il rejoignit le séminaire où il fut ordonné prêtre.

Il s’orienta ensuite vers l’enseignement : principal du collège de Saulieu puis préfet du collège des Godrans (ancien collège des jésuites de Dijon) jusqu’à sa mort en 1781.

Féru d’histoire et de géographie, il travailla sur les annales de sa province. Cette oeuvre est considérée comme une référence et l’ouvrage « le plus complet qui ait été publié en ce genre sur aucune province de France ».
(Encyclopédie en 6 volumes, le tome I - «Description générale et particulière du duché de Bourgogne » est paru en 1774).

 Tourisme

Musée François Pompon
Sur 2 étages sont présentées l'archéologie régionale, 14 stèles funéraires gallo-romaines, l'art sacré, l'art et les traditions populaires ainsi que du petit matériel de la vie rurale.

Une collection de statues animalières du sculpteur est également exposée.


L'entrée du musée

La maison natale

Sa maison natale se trouve juste à côté du musée.

Collège François Pompon
Situé face à l’Office de Tourisme, il date du XVIIIème siècle et serait le plus ancien Collège de Bourgogne.


Le collège François Pompon

Chapelle de l’hopital
Cet hôpital date du XVIIIème siècle (1736) et a été transformé récemment pour faire face aux exigences de la médecine moderne.


La chapelle

Sa chapelle est ornée d’une peinture représentant Catherine de Sienne et comporte un panneau de bois peint du XVIème siècle, une Vierge du XVème ainsi qu’une pietà du XVIème.

La Maison à colombages
Situé dans « la rue de la truie qui file » (ruelle Vauban) c’est un magnifique témoignage du passé sédélocien.


La maison à colombages

Outre ses colombages, cette maison vaut le détour pour les légendes qui s’y rapportent.

La rue de la truie qui file (ruelle Vauban) 
C’est une remarquable ruelle pavée.

         
La ruelle Vauban et l'arrière de la "maison du sorcier"

D’après la légende, en 1466, un homme (un sorcier ?) aurait dressé sa truie à filer la quenouille. Ce genre de pratique n’ayant pas l’heur de l’époque, il aurait terminé sur le bûcher avec son animal.

Il semble en fait qu’il y ait plusieurs légendes similaires un peu partout en France et même en Angleterre.
Ces enseignes étaient utilisées particulièrement par des tisserands ou des marchands de draps.

Une autre légende, affirmée celle là, dit qu’au XIXème siècle, une sculture de pierre symbolisant l’animal tenant sa quenouille tandis que ses petits la tête, ornait le 87 bis de la rue St Antoine à Paris et qu’elle en fut déposée suite à un incendie en 1868.
Cette enseigne est toujours conservée au musée Carnavalet.

Une autre, conservée elle au musée de Cluny proviendrait de la rue de la Cossonnerie, toujours Paris.

La réalité serait plus simple et toute symbolique : l’image représenterait « la maternité aimante et travailleuse ».

Mais tout de même, celle de Saulieu était bien plus ancienne… Alors…

Statue de la vierge
La maison située face à la maison à colombages, à côté de la « la rue de la truie qui file » (et du sorcier qui l’habitait…), présente au-dessus de la porte d’entrée une splendide Vierge à l’enfant tenant une grappe de raisin, l’enfant portant deux épis de blé.


La vierge à l'enfant

L’ensemble est en bois polychrome, protégé par un auvent en bardeaux.

A l’époque, les habitants de cette maison ont-ils placé cette vierge pour se protéger d’un étrange voisin ?

Fontaine St Andoche
Appelée aussi fontaine « Caristie » du nom de son architecte Jean-Baptiste Caristie, elle fut installée en 1753 en remplacement du puits aux moines.


La Fontaine Caristie

Dix ans plus tard, elle fut quelque peu déplacée suite à des problèmes d’inondations (et de canalisations dit-on) pour trouver sa place face à la basilique. L’architecte Jean-Antoine Caristie (Cousin de Jean-Baptisite) fut choisi pour cette opération.

Cette fontaine se compose de 3 colonnes supportant une vasque de pierre elle-même surmontée d’une statue de la belle Samaritaine (habitante de la Samarie, situé aujourd’hui à cheval sur les territoires de Cisjordanie et d’Israël, qui a donné de l’eau à Jésus lorsqu’il traversait cette contrée)

Fontaine St Jacques
Là encore, une légende raconte que « quiconque boira de l'eau de ce puit sera en bonne santé et protégé toute l'année ».

Paradoxalement, cette fontaine se trouvait (se trouve encore…) à l’entrée Nord de la ville, à proximité d'une léproserie qui ne fut détruite qu‘en 1736 et dont l’emplacement se situe probablement au niveau de l’actuel hôpital.

Les croisés se rendant à Saint-Jacques-de-Compostelle, s'y arrêtaient régulièrement –dit-on- afin de boire cette eau « protectrice ».

Lavoir de Boignard
Récemment restauré, il date de 1764. C’est le plus ancien et le plus grand lavoir de Saulieu.


Le lavoir

Prêt à servir

Une des 2 cheminées...

...toujours ouverte

Il est situé prés de la source du même nom qui alimentait jadis Saulieu, notamment par la Fontaine St Andoche (Caristie).

La source est toujours en eau et continue d’alimenter le bac et la fontaine.

La Fontaine aux Boeufs et son lavoir
Récemment restauré grace à un partenariat entre la Société Lyonnaise des Eaux et la Fondation du Patrimoine, ce site dont il ne restait qu'une partie des murs du lavoir, a retrouvé toute sa jeunesse et sa splendeur.


La Fontaine aux Boeufs


Les abreuvoirs


Et un beau lavoir...


...tout neuf !


Église Saint Saturnin
Elle doit son nom à l’évêque de Toulouse martyrisé en l’an 250.

Sa construction remonte aux XIIIème ou XIVème siècle, son existence est attestée par un document datant de 1313.


Avec son clocher recouvert de bardeaux

Une vierge sur l'arrière de l'église
  

Le cœur en a été allongé au XVIIème siècle, sa flèche comme son porche sont recouvert de bardeaux (tuiles de bois).

Église dite de cimetière, elle fut paroissiale jusqu'en 1792.

Cimetière St Saturnin
De nombreuses célébrités y ont leur dernière demeure, parmis elles :

Mathieu Bizouard-Bert
Le député Bizouard-Bert a toujours soutenu le sculpteur François Pompon en particulier dans sa recherche de reconnaissance mais aussi dans ses interventions auprès de l’État pour l’achat de certaines œuvres.

En 1891 le député lui demande de sculpter son buste. L’œuvre sera présentée en 1898 au Salon des Artistes français, l’année même du décès du député.


Le buste de Bizouart-Bert

Sur l’initiative de François Pompon, les villageois lui font ériger un monument funéraire sur lequel le buste sera mis en place.

L’inauguration en a eu lieu en 1900.

François Pompon
Une colonne en béton coiffée d’un Condor de sa création, dressée là lors de l’inhumation de son épouse.
Le lieu semble… délaissé.


La colonne de F. Pompon et son Condor

Bernard Loiseau
Célèbre chef cuisinier et patron du restaurant « La Côte d’Or ».
Un bronze de sa blouse de chef est posé sur sa tombe.


La blouse du Chef

Albert David
Sculpteur ayant réalisé le médaillon de François Pompon placé sur « Le Grand taureau » à Saulieu ainsi que celui de Jean Macé (enseignant et journaliste) à la mairie du XIXème arrondissement de Paris.
Il repose avec son épouse sous leurs deux médaillons qu’il a également réalisés.


2 médaillons réalisés par A. David

Marcel Roclore
Médecin, ancien maire de Saulieu (1945-1965), député de la Côte-d’Or (1946-1951 puis 1956-1958), ministre de l’Agriculture en 1947 et président du groupe à des Républicains indépendants l’Assemblée nationale.


Marcel Roclore

Carditaphe
Se trouve également dans ce cimetière le carditaphe (monument contenant le cœur, les entrailles) d’Alexandre de Béthune-Sully, dernier fils de Maximilien de Béthune-Sully, Ministre et compagnon du roi Henri IV.


Carditaphe d’Alexandre de Béthune-Sully

Ancienne pompe
En 1858 la municipalité constate que les deux captages alimentant la fontaine St Andoche n’ont pas un débit régulier et suffisant.

Elle décide de la création d’une réserve d’environ 50m3 (en fait très peu…) destinée à alimenter 6 bornes fontaines.

Les travaux démarrent l’année suivante mais durent 4 longues années.

Cette fontaine était munie d’une pompe (d’où son nom).

C’est la dernière rescapée, les 5 autres ayant été détruites.

Elle n’est aujourd’hui qu’un vieux souvenir, installée proche du square Pompon et ne laissant plus couler la moindre goutte, elle a maintenant disparu pour faire place à un parking.

Sources documentaires

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