Autun

Augustodunum,
les portes du Morvan

Situation

 
Dans sa charte de 2007, le Parc naturel régional du Morvan a divisé le territoire morvandiau en 4 grands ensembles, eux même subdivisés en 23 entités paysagères.

Deux de ces ensembles reprennent deux entités proches d’Autun qui se trouve ainsi plus que jamais aux portes du Morvan

Le « Morvan des 400 mètres », paysage montagneux du Morvan, est un ensemble de collines de granite dont l'altitude avoisine généralement les 300 à 500 mètres. Le « Morvan des 400 mètres » comprend notamment la Montagne Autunoise, au nord de la plaine d’Autun.

Les « Franges » délimitent le massif au nord, à l'est et au sud. L'altitude ne dépasse guère 200 mètres au nord et atteint difficilement 400 mètres à l'est et au sud. Les « Franges » comprennent notamment, au sud, la Plaine d'Autun

Origines

La cité fut construite à la demande de l’empereur Auguste aux environs de –15 avant J.C.

Dès la fin du Ier siècle avant J.C., Augustodunum (de Augusto = Auguste et Dunum = colline, forteresse) deviendra la nouvelle capitale du peuple Éduens.

A la fin de la conquête romaine, Bibracte vivra à peine plus d'un siècle avant d'être progressivement abandonnée et intégrée dans la Gaule lyonnaise, reléguée au rang de « petite cité ».

Bibracte s’éteint doucement au profit de la toute nouvelle Augustodunum qui devient un centre réputé de la culture romaine, situation favorable à l’implantation et au développement de la religion chrétienne.

Autun vivra toutefois des périodes troubles et difficiles, comme le siège mené en l’an 269 par « Victorinus » qui dura sept mois et s’acheva par un pillage et une destruction quasi totale (les romains aidèrent néanmoins à la reconstruction vers la fin de ce siècle).

Cité antique

A l’origine, Autun était entourée par une impressionnante enceinte. Les remparts qui la composaient ne mesuraient pas moins de 6 km pour une hauteur de 11 mètres, comprenaient 54 tours de 10 mètres de diamètre et étaient percés de 4 portes :

- la porte d’Arroux et la porte des Marbres (fréquemment appelée porte de Rome), reliées du nord au sud par la « Cardo maximus » (rue principale nord-sud),

- la porte Sainte Andoche et la porte Saint André, reliées chacune à angle droit à la « Cardo maximus » par les « décumanus maximus » (rues principales est-ouest, celle venant de la porte Saint André étant la plus au nord)

Moyen âge

Au moyen âge et au-delà, Autun s’enrichit d’églises, de cathédrales, de collégiales, de couvents et de monastères. Elle deviendra même le siège d’un évêché.

Son développement reste confiné à l’intérieur des enceintes gallo-romaine. Toutefois, ce développement s’est principalement axé autour de deux pôles : un pôle religieux localisé dans la ville haute et un pôle marchand situé lui en ville basse.

La ville haute

Elle s'ordonne autour de l’actuelle cathédrale Saint Lazare, vitrine de l’art roman bourguignon du XIIème siècle et présentant un splendide statuaire.

La ville haute est constituée de trois portes et abrite également, autour de la cathédrale, l’évêché ainsi que des maisons canoniales.

 La ville basse

C’est donc un pôle marchand, établi à proximité de la voie navigable qu’est alors l’Arroux.

Au Moyen Age, la ville basse, le quartier de « Marchaux » (le toponyme « Marchaux » évoquerait un lieu humide et marécageux, comme démontré lors de fouilles réalisées au XIXème siècle), constituait une communauté totalement murée au milieu des vestiges de la ville gallo-romaine et offrait un aspect à la fois défensif (remparts, tour de Marchaux…), civil avec ses maisons à colombages, et religieux par la présence de la chapelle Saint Nicolas (XIIème siècle).
 


Plan de la ville de Marchaux
Dessin réalisé vers 1925 par Charles Boëll,
considéré par l’auteur comme « une vue cavalière »,
extrait de ses
« Promenades historiques à travers la paroisse ND d'Autun »
et correspondant à une vue du quartier au XVIe siècle,

L'enceinte médiévale, dont les premières mentions remontent au XIIIème siècle (alors que la construction remonterait vraisemblablement au XIème siècle), s’étendait sur environ 7 hectares, sur 350 mètres du nord au sud et 200 mètres d'est en au ouest.

Deux portes permettaient l’accès au quartier de Marchaux :

- L'une se trouvait dans l'actuelle « Petite rue Marchaux ». Elle fut détruite en 1777 et la tour dite de « l'Horloge » qui la protégeait, le fut en 1787 (l’horloge fut transférée en 1793 sur la tour de l'hôtel de Clugny, la Tour Marchaux, où elle est toujours installée).

- L’autre se trouvait à l'extrémité de la rue Saint Nicolas. Elle fut détruite en 1739 et remplacée par la « porte de Paris » dont on peut encore observer les pilastres. Dessin réalisé vers 1925 par Charles Boëll, considéré par l’auteur comme « une vue cavalière », extrait de ses « Promenades historiques à travers la paroisse ND d'Autun » et correspondant à une vue du quartier au XVIe siècle,

Epoque moderne

On dit qu’ « une ville moyenne est née à l’époque moderne », unissant les deux villes médiévales et qu’une enceinte datant des XVIème et XVIIème siècles l’a renforcée.

Cette ville moyenne accueillait un collège et une chapelle de jésuites, un grand séminaire, l’hôpital saint Gabriel, des hôtels particuliers, un théâtre à l’italienne, un passage couvert, l’hôtel de ville…

 Epoque contemporaine

Autun s’est industrialisée avec l’exploitation des schistes bitumineux avec lesquels on extrayait une huile semblable au pétrole (… Tiens ? N’est-ce pas de cela dont on reparle aujourd’hui ?).
 
Pas tout à fait. Voir une explication ICI

Les romains déjà extrayaient une « huile minérale » des schistes bitumineux autuniens et utilisaient ces mêmes schistes comme roches décoratives.

Fréquemment considéré depuis comme « le berceau de l’industrie schistière », le bassin d’Autun (environ 250 km2) produisait de l’huile de schiste bien avant que le pétrole ne soit découvert.

L’exploitation industrielle a débuté en 1824.

Les schistes bitumineux contiennent des hydrocarbures qui ne peuvent être extraits que par pyrogénation (réaction chimique sous forte température). Ce traitement (distillation, raffinage…) permettait d’obtenir du pétrole lampant et était réalisé sur place dans l’usine des « Télots ».

En 1837, alors que l’industrie atteignait son apogée et fournissait une huile destinée à l'éclairage, elle se trouva rapidement reléguée par l’importation du pétrole.

Une tentative de redémarrage a bien lieu pendant la guerre 1939-1945 mais l’activité cessa malgré tout définitivement en 1957, non que le gisement soit épuisé, mais en raison du coût excessif de production comparé au prix du pétrole brut.

    
Seuls les deux terrils des « Télots » (et quelques restes de bâtiments)
témoignent de ce passé minier.

 Sources documentaires

- Ville et Office du tourisme d’Autun

- Plaques des circuits historiques


-
Le Bucema, Bulletin du Centre d’études médiévales d’Auxerre (revue scientifique à comité de lecture consacrée aux études sur le Moyen Âge)


Voir également le remarquable ouvrage de Claude Chermain : "Catalogue des gloires autunoises".





 

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