Le Haut-Folin

Le toit du Morvan


Vue depuis la montée sur Préperny

Situation

Le Haut-Folin

- C’était la station de ski-alpin la plus proche de Paris, elle reste la station de ski de fond la plus proche de Paris.


- Installés à l’origine par le Club Alpin français (CAF), un téléski, une piste de ski-alpin et un chalet-restaurant ont fonctionné jusqu'à la fin des années 1980 mais, faute d'enneigement suffisant et en dépit de la présence de canons à neige (qui auraient été les premiers installés en France !!!), ils ont été abandonnés (les mauvaises langues disent aussi « de toute façon pour skier sur la piste, il faut au moins plus d'un mètre de neige et monter un taille haie à l'avant des spatules ! »).


Pour ceux qui en doute...


A cet emplacement,
il y avait même une halte pour les randonnées équestres.


- La période d’activité avait déjà connu quelques difficultés en raison d’un tracteur qui aurait malencontreusement emporté à son passage, le câble qui soutenait tout le système de départ... Il a fallu attendre quelques années pour que les équipements soient remis en place, mais cette fois ci décalée en diagonale sur la piste et beaucoup plus loin du chemin de passage des tracteurs...

- Par la suite, le site fut transformé en « remonte VTT », pour quelques descentes sympathiques en vélo, puis a vu arriver les ballades en « Quads » avant de cesser toutes activités.
- Depuis le téléski a été démonté, le chalet a brulé dans les années 1990 et la nature a repris ses droits.


Le schuss d'arrivée aujourd'hui...


Le chalet était là !


- Aujourd'hui, la station comporte plusieurs pistes de ski de fond gérées par l’Association « SKIMO » (Ski en Morvan) :
Voir le site ICI .
Cette association a été créée en 1997 et est composée de bénévoles des communes environnantes (Arleuf, Château-Chinon, Saint-Prix). Ce sont ces bénévoles qui ont mis en place le balisage actuel dès 1997.

Le chalet de Prénerny...

et le plan des pistes


* Dès qu'il y a environ 10 cm de neige ils ouvrent le chalet de Préperny, y font du feu et proposent quelques boissons "réchauffantes" (thé-café-chocolat).

* Dès qu'il y a environ 20 cm de neige, ils dament les pistes avec une motoneige, coupent les arbres et les branches tombés en travers, entretiennent le balisage et proposent une location de skis de fond.

 Les origines du canon à neige

Le « snowmaking » comme ils disent…
Les canons à neige, comme le four à micro-ondes, la pénicilline et probablement l’Amérique, sont des sérendipités, des découvertes dues au hasard.

Qui inventé le canon à neige ?
En décembre 1950, un dénommé Philippe Tropeano, Ingénieur à la compagnie américaine « Larchmont », travaillait sur un dispositif destiné à la production de nuages artificiels utilisables pour protéger les cultures des gelées.
Alors qu’il effectuait des tests à une température sensiblement supérieure à 0° Celsius, il dut s’absenter et laissa son appareil en fonction.
A son retour, une heure après, il eut la surprise de trouver les 200m² entourant son matériel recouvert d’une couche de neige d’environ 15 centimètres.
La température était descendue sous les 0°.
Il laissa tourner la machine et 10 heures après la couche atteignait 1,20 mètre.
L’homme fit part de sa découverte à son frère Joe et tous deux trouvèrent rapidement l’usage qu’ils pouvaient en faire et le profit qu’ils pouvaient en tirer.
C’est du moins la version qu’en précisait la section du Club Alpin Français d’Autun, rapportée en 1966 par Joseph Bruley dans son "Morvan coeur de France".

Et là non…

En 2013, Elodie Magnier pour sa Thèse en doctorat de géographie, nous explique que c’est près de Salisbury (non pas en Angleterre mais aux États-Unis, dans le Connecticut), que viendraient les tout premiers essais de « canons à neige ».
A la fin des années 1940, un certain Walt Schoenknecht initiateur des premières pistes de ski à Mohawk Mountain, entend parler de l’utilisation d’un broyeur à glace pour un saut à ski utilisé près de Salisbury distant d’une vingtaine de Miles (environ 30km).


Cindy Ellis, Franck Ellis et Walt Schoenknecht
observant le broyeur de glace en action
(Photo Thèse de Elodie Magnier)

L’idée étant intéressante, il la transpose à Mohawk Mountain mais pour l’utiliser il est contraint d’acheter 50 tonnes de glace et de prévoir la noria de camions pour les transporter « de la ville à la montagne ». Manque encore les bras pour les transporter des camions jusqu’au broyeur…
Le broyeur pulvérise la glace en de minuscules particules semblables à de la neige. Le procédé fonctionne et la nouvelle est relayée par la presse.

Vous l’avez compris, les limites de ce procédé sont vite atteintes, trop coûteuses pour une mise en œuvre beaucoup trop contraignante.

Mais alors qui ?
En cette année 1950, les frères Tropéano dont nous avons parlé plus haut, ont eux aussi eut vent des expériences de Walt Schoenknecht dans le Connecticut et pensent qu’ils pourraient eux aussi produire « commercialement » de la neige dans le Massachussetts.
Ils imaginent un système d’irrigation portable à partir de leur découverte et l’affaire prend tournure.


Un système d’enneigeurs installé sur une jeep pour étendre
les surfaces enneigeables,
station de Wilmot dans le Midwest en 1952.
(Photo Thèse de Elodie Magnier d’après http://home.earthlink.net).

En fait c’est simple :
Tous avaient œuvré pour ce résultat mais seuls les frères Tropéano ont eut l’idée de racheter le Brevet qui avait été déposé par « un troisième larron », le dénommé Ted Milford, un temps « leader » de ce secteur.
En 1954, les frères Tropéano ont collaboré avec la société « Tey » pour le perfectionnement du système qui, dès l’hiver 1955-1956 a été installé à Mohawk Mountain et qui après maintes améliorations est devenu celui que nous connaissons aujourd’hui.

    Les canons à neige du Haut-Folin… Légende ou réalité ?

Les premiers canons à neige (il paraît d’ailleurs que l’on devrait dire « enneigeurs ») installés en France l’auraient été au Haut-Folin…

Vrai ou faux ?

Légende ou réalité ?

Avant d’aller plus loin, si vous souhaitez devenir les champions de la neige de culture, je vous suggère une petite visite sur ce site : http://www.ski-valloire.net/dossier/neige.php, une classe de neige en quelque sorte.

Nous arrivons déjà dans les années 1960.
Les canons à neiges prenaient rapidement leur essor, la France se devait de s’en doter.
Mieux, la situation géographique du Morvan à 250 km de Paris, avec une autoroute du Sud dont la construction a débutée en 1953 et reliera directement Paris à Avallon en 1967, en fait rapidement « la » zone de Week-End de la capitale.

Le Morvan devient la zone de Week-end mais le Morvan saura-t-il l’exploiter, en profiter ?
Les canons à neige, les snowmakers (c’était aussi leur marque), devaient être installés au Haut-Folin au cours de l’hiver 1964-1965. On envisageait même d’en installer ailleurs dans le Morvan sans que rien ne fut décidé.

L’installation devait comporter 5 canons et les capacités de fonctionnement étaient déjà calculées : 18,6m3 d’eau et 1 050m3 d’air à environ 7 Bar de pression pour une heure de fonctionnement, 30 heures de fonctionnement seraient nécessaires pour recouvrir l’ensemble des 4 hectares de la pente avec 10 à 20 cm de neige.


Le Haut-Folin en activité… Sans canons à neige
Image Internet – Delcampe.net

En y réfléchissant, où les 18,6 m3/h d’eau nécessaires à la production de neige auraient-ils été pris ?
Rien sur les hauteurs et l’Etang de Préperny semble trop éloigné.
En revanche, de l’autre côté de la partie haute de la « route touristique » coule le ruisseau de la Proie.
Par le passé, une retenue avait été réalisée quasiment à sa source et de nos jours subsiste une modeste retenue, légèrement en aval de la première, en bordure de la « route touristique ».


Sur la carte d’Etat Major (1820-1866),
la retenue sur le ruisseau de la Proie apparaît nettement
(D’après carte portail IGN)


Détails du Haut-Folin
(D’après carte portail IGN)

Puisque nous y sommes, c’est peut-être l’occasion de rappeler que sur de nombreuses cartes, l’ancienne station de sports d’hiver du Haut-Folin figure sur les hauteurs, dans les bois, alors qu’en réalité elle a toujours été au bord de la partie haute de la « route touristique » comme indiqué en rose sur la carte ci-dessus.

Les volumes d’eau auraient-ils été suffisant ? Probablement, encore que cela reste à prouver au moins sur la durée…

 

Une somme de bonnes volontés :

Joseph Gadrey, alors dynamique trentenaire appartenant à la Section d’Autun du Ski Alpin Français ayant participé à cette épopée et Sylvain Mathieu, Président de « Skimo » (Ski en Morvan) et passionné du Haut-Folin, ont, grâce à leurs souvenirs et à leurs archives, apporté de l’eau à mon moulin…

De nombreux volontaires, plein de force et de courage, ont passé des journées entières à préparer le terrain.

Plutôt que de ré-écrire cette histoire, je préfère vous la laisser découvrir au travers des bulletins de « l’Hiver 1954 » et de « l’Eté 1954 » de la Section Autunoise du Ski Alpin Français.


Photo d’un extrait du bulletin « Hiver 1954 »


Photo d’un extrait du bulletin « Eté 1954 »

Cliquez sur chaque image pour une version complète plus lisible reconstituée en PDF

Amélioration du chemin, désouchage, construction de bâtiments et d’un pont, installation de remonte pente, d’un tremplin… Vaste programme s’il en est…

 

Amélioration du chemin :

A cette époque, la route touriste que nous connaissons aujourd’hui n’existait pas.

Côté partie « haute » de la route touristique, n’était qu’un simple chemin.

De l’autre côté, sur la partie « basse », une voie tout juste carrossable conduisait sensiblement de la route forestière du Bois du Roi à la retenue d’eau. Les quelques (rares) voitures auraient pu approcher jusqu’au niveau du sentier (en vert sur la carte ci-dessus) et les skieurs faire à pieds les 250 mètres qui les séparaient de la station… Mais il fallait franchir le ruisseau de la Proie…


Le chalet et le chemin de la boucle de la route touristique
(D’après carte Internet Delcampe)


Désouchage :

Inutile d’expliquer de quoi il s’agit…


A en juger par les photos d’époque, il y avait du travail…
(
D’après carte Internet Delcampe)

 

Construction de bâtiments :

Les skieurs de la Section d’Autun du Ski Alpin Français sont aussi maçons, menuisiers, couvreurs à leurs heures…   

    
…pleins d’entrain…
(Photos Joseph Gadrey)

 

Retenue d’eau :

Pour que tout soit mis en cohérence, il a fallu aménager quelque peu la retenue d’eau.


Carte postale ancienne du pont sur la retenue et le site aujourd’hui, pont et route réaménagés

(Carte postale ancienne collection Sylvain Mathieu)

 

Pont sur le ruisseau de la Proie :

Il n’existait rien pour permettre le franchissement de ce fameux ruisseau de la Proie.

C’est ainsi que Joseph Gadrey et la bande de copains, forts des connaissances acquises lors de leur passage chez les Scouts de France, se sont lancés dans la construction d’une passerelle en rondins.


 

 



 

Pas juste un gué « pieds secs », une passerelle, une vraie !
(Cartes postales collection Sylvain Mathieu)

 

Le pont qui enjambe aujourd’hui le ruisseau de la Proie à cet endroit fut réaménagé plus tard par les services forestiers.


Le petit pont sur le ruisseau de la Proie aujourd‘hui

 

Les remontes-pente :

D’anciennes photos permettent un aperçu des deux types de remontes-pente qui ont été installés.

Tout d’abord le premier, équipé de pylônes en bois et d’une corde.

Le principe était des plus rudimentaires : un moteur thermique installé dans la cabane en bas permettait à la corde de boucler la montée et le retour, quant aux skieurs, il leur suffisait  simplement de tenir la corde qui faisait office de remonte-pente pour atteindre le sommet.

    
On aperçoit les portiques en bois
(Cartes postales collection Sylvain Mathieu)

 

Puis le second plus actuel.
Pylônes métalliques, perches, une remarquable avancée.


Ici, les supports de canalisations pour les
canons à neige existent mais elles ne sont
pas encore posées.
(Ou sont déjà retirées ???)


Là, les canalisations pour
les canons à neige sont bien visibles.

(Cartes postales collection Sylvain Mathieu)

 

Quelques balades dans les hauteurs permettent encore de trouver quelques vestiges de ces derniers modèles…


 


Un vieux pylone oublié...

 


...Et un support

Là, ils vont marcher moins bien, forcément…


Le tremplin :

Bien qu’il fut prévu, ou du moins envisagé, nous n’en retrouvons aucune trace, aucune documentation, aucune photo…

 

Tout était pourtant prévu :

Hélas, la seule chose qui ne fut probablement pas envisagée, c’est que les canons à neige ne fonctionneraient pas.

Le journal « Ski Français » d’octobre 1963 nous apprend que Pierre Moutard, un jeune étudiant natif d’Auxerre et pratiquant déjà le ski au Haut-Folin, a obtenu son diplôme d’architecte DPLG en réalisant un projet de chalet skieurs (et restaurant) pour ce site.

 


Le projet de Pierre Moutard
(Document Sylvain Mathieu)

 

Et côté accueil, le Haut-Folin, avait déjà fait ce qu’il fallait dans son chalet.



Et c’est bien dommage que ce chalet ne soit plus là…

(Carte postale collection Sylvain Mathieu)

         

Alors que s’est-il passé ?

A cette époque, en 4 ans, les USA avaient déjà réalisé l'équi­pement de 130 stations en snowmakers. L’idée était donc bonne alors pourquoi n’a-t-elle pas fonctionné ?

 

Monsieur Jandreaux alors Prési­dent de la Section Autunoise du Club Alpin Français et du Ski Club Alpin Autunois nous explique tout cela en détail dans le compte rendu qu’il en fait le Samedi 15 février 1964 devant le Conseil Général de Saône et Loire.


Photo d’un article de presse
Cliquez sur l'image pour une version complète plus lisible reconstituée en PDF

Voilà, tout est dit…
Comme nous avons pu le lire dans ce compte-rendu de Monsieur Jandreaux, « Le matériel qui devait être livré au plus tard le 15 novembre a été livré à par­tir du 27 décembre et les livraisons se sont échelonnées jusqu'au milieu de janvier, obligeant l'installateur local à exécuter les travaux durant la période où les températu­res ont été les plus basses. »

L’AMF Française a donc démonté et remporté le matériel dans les mois qui ont suivi.


Merci à Monsieur le Président du Club Alpin Français d’avoir prévu un contrat…

Mais AÏE !

Il s’agit donc de décembre 1963 et Janvier 1964 et rien n’a fonctionné.

Cette installation qui semblait avoir été prévue pour l’hiver 1964-1965 aurait donc eu 1 an d’avance. Y aurait-il eu précipitation ?

 

De leur côté, les canons à neige de « Champs du Feu » dans le Bas-Rhin, à 550 mètres d’altitude, auraient été installés et auraient fonctionnés en… 1963.


Enfin il paraît !


Rien ne prouve non plus que ceux de "Champs du Feu" aient réellement été les premiers...


En faisant quelques recherches pour obtenir une date plus précise je suis tombé sur le 26 octobre 1963…

Seulement voilà, tous les sites qui avancent cette date le font en ces termes :

« Ces flocons artificiels sont tombés sur nos montagnes pour la première fois le 26 octobre 1963. Très exactement sur la station de Champ-du-Feu, à 40 minutes de Strasbourg (Bas-Rhin). »

De remarquables « copier-coller » sans aucune référence et sans-même que l’on sache qui en est à l’origine.


 

J'ai demandé à la Station de "Champs du Feu" de bien vouloir me fournir un document attestant de la date de mise en service de leurs équipements mais, hélas, ils ne semblent pas non plus disposer du moindre historique dans leurs archives.


Cette date (du 26 octobre ?) leur a été transmise oralement par Monsieur Marcel Adam, à l'origine de la création des premières remontées mécaniques au Champs du Feu et qui "aurait" mis au point une technique de canons à neige.
Ce qui a également été transmis oralement par Monsieur Adam et par d'anciens salariés de la Société est que Marcel Adam a reçu au cours de l'hiver 1962-1963 une délégation autrichienne intéressée par cette technologie en vue des Jeux Olympiques d'hiver d'Insnsbruck de 1964 (du 29 Janvier au9 Février).


Monsieur Adam étant aujourd'hui décédé, la Station de Champ-du-Feu s’est très aimablement proposé de contacter son épouse pour le cas où elle disposerait de quelques éléments à nous communiquer. 

Les canons à neige du Haut-Folin eux ont bel et bien été installés entre le 27 décembre 1963 et la mi-janvier 1964.

N'auraient-ils malgré tout pas été les premiers installés en France ?



Certains en ont pourtant eut vent. C’est le cas de Jean-Marie REMY, fondateur de la station de sports d’hiver de « La Bresse » (Vosges) qui s’est déplacé pour voir comment la technique pourrait être adaptée à son projet (ce qui lui a sans doute permis, aussi, de voir tout ce qu’il ne fallait pas faire)…


Mais alors, pourquoi n'est-il pas allé voir ceux de "Champs du Feu" qui fonctionnaient déjà (?) et qui n’étaient qu’à une petite centaine de kilomètres de chez lui alors que ceux du Haut-Folin en étaient à plus de 300 ?

Partant de là, tout devient possible !


Certains affirment que les premiers canons à neige datent de 1960, avec l’installation du premier système d’enneigement européen en Allemagne, à St. Andreasberg/Harz avec des canons à neige « Larchmont ».


Mais là il ne faut peut-être pas exagérer non plus…

Quelques sources affirment : "En 1971, il (Jean-Marie Remy) est le premier en France à installer des canons à neige sur les pistes pour tenter de palier les caprices de la météo. La Bresse sera d'ailleurs, pendant des années, le laboratoire de la société américaine York"

En réalité, Jean-Marie Rémy est allé lui-même chercher son premier canon à neige en Allemagne, avec son camion, en… 1974…


Quelques anecdotes de 1963 :


Restent les quelques détails distillés par Joseph Gadrey sur la réalisation au Haut-Folin :

L’alimentation en eau était réalisée via des canalisations partiellement enterrées.

- Le premier compresseur mis en place n’était pas assez puissant et ne permettait que la production « d’un peu de glace pilée ».

- Le second compresseur installé fut hélas trop puissant, arrivant même à déterrer et faire éclater les canalisations.


Mais il y a aussi l’anecdote concernant Eddy Barclay et Paul Pacini

Un article de « Var-Matin » nous raconte ceci  (à voir ici) :

http://www.varmatin.com/index.php/insolite/la-folle-histoire-du-premier-canon-a-neige-en-france-pour-une-soiree-avec-eddie-barclay-18123

« J'étais aux Etats-Unis avec Eddie Barclay pour préparer la sortie en France du film « Un Monde fou, fou, fou ». La firme américaine m'a demandé d'organiser à Paris une fête mémorable. J'ai vu cette drôle de machine en Californie, sur trois pieds. J'ai dit « Qu'est-ce que c'est ? » On m'a dit « Un canon à neige ». Ils s'en servaient une fois par an quand il gelait pour protéger les fleurs, parce que la neige a des propriétés thermiques. J'ai demandé à en avoir un. On me l'a envoyé par avion." 

Le « Bal fou, fou, fou » (c'est le nom de la soirée) se tiendra en décembre 1963 au pavillon d'Armenonville, établissement branché à la lisière du Bois de Boulogne, propriété de Paul Pacini. 

« Le canon ce n'était pas grand-chose en soi. Pour le faire fonctionner, il fallait surtout de l'eau, de l'air et qu'il fasse assez froid. L'eau, ce n'était pas un problème, il y avait un lac dans le parc du pavillon. Pour l'air, j'ai demandé à un ami constructeur de bâtiments de me prêter un compresseur. On a demandé à la météo ce qu'elle prévoyait pour cette nuit-là: du froid ! Mais c'était un peu fou, on ne savait pas du tout si ça allait marcher ! »

« A minuit, on a vu qu'il faisait 0°. J'ai actionné le canon, ça a enneigé toute la terrasse, le Tout-Paris (il y avait 500 invités) se battait à coups de boules de neige ! »

« Le plus drôle, poursuit-il, c'est qu'à 6 h du matin, il s'est mis à neiger réellement sur Paris. J'ai reçu des coups de fils pour me dire : Paul, arrête un peu tes conneries ! »

Mais l'aventure ne s'arrête pas là. Parmi la joyeuse compagnie, Edmond de Rothschild est conquis. À Megève, son prestigieux hôtel du Mont d'Arbois se morfond, faute de poudreuse. Alors à son tour, le baron demande l'autorisation d'emprunter le canon !

« Il a pu enneiger les pistes de ski pour enfants juste avant Noël, ça lui a sauvé la saison et l'hôtel a fait complet. C'était la première fois qu'on utilisait ce procédé dans une station en Europe, alors que le canon n'était pas destiné à ça », affirme Paul.

Aujourd'hui encore, les pentes blanchies artificiellement doivent peut-être un peu à la bringue attitude d'un Monsieur qui aimait faire la fête. Effet boulet de neige… »


Donc, même le « Show-biz » était sur les rangs…


Alors, légende ou réalité ?


OUI ! C’est une certitude, il y a bien eu des canons à neige au Haut-Folin !

OUI ! ils ont PEUT-ÊTRE été les premiers installés en France. Cela se serait joué à 2 ou 3 mois…


Peut-être vaut-il mieux voir simplement la somme de travail considérable fournie par tous les bénévoles, c’est d’ailleurs le souvenir que veut en garder Joseph Gadrey en ajoutant très philosophiquement que, « ne pas être les premiers n’a pas arrêté la terre de tourner... »


Le drame du Haut-Folin aura sans doute été d’être un peu trop en avance sur son temps (bien que probablement pas encore assez) car aujourd’hui la technique est bien rodée.


La vraie question serait sans doute : S’il n’y avait pas eut tout cela, la route touristique si agréable aujourd’hui serait-elle encore un chemin forestier ?


MAIS NOUS Y REVIENDRONS,


ATTENDONS DES NOUVELLES DE « CHAMP DU FEU »




Canon à neige de Champs du Feu
(Photo skiinfo.fr)

 Et maintenant ?

L’aménagement et le développement touristique du Haut-Folin sont des tâches auxquelles s’attèlent le Parc du Morvan et les collectivités concernées.

L’enjeu global de cet aménagement se mesure en quelques 10 000 ha de foret (60% de résineux, 20% de chênes et le reste en hêtres et espèces diverses…), de gorges (la Canche…), d’étangs (Préperny, la Goulette…), la source de l’Yonne et le Port des Lambert, le Mont Beuvray et Bibracte ainsi que des kilomètres de sentiers de randonnées, de chemins de VTT ou encore de pistes de ski de fond.

Que faire et où ?
Les idées ne manquent pas pour palier ces manques, le nerf de la guerre si.
- Aujourd’hui il est particulièrement ardu de trouver un refuge pour se reposer, consommer quelques rafraîchissements, se restaurer ou juste admirer les magnifiques paysages depuis une agréable terrasse. Les villages proposant de tels services (Arleuf, Glux-en-Glenne, Roussillon en Morvan, Saint-Prix, La Celle et La Grande Verrière notamment…), sont beaucoup trop éloignés.

Comment y remédier ?
- Prévoir de permettre des conditions de confort pour les utilisateurs du chalet de Préperny. Se changer, se reposer, prendre un repas « tiré du sac », confirmer la location saisonnière de ski, gérer et entretenir le balisage des pistes sans parler de sanitaires…
Il va falloir « pousser les murs du chalet » !

- Un sentier de découverte forestière destiné à sensibiliser les promeneurs à la gestion et à la protection de la foret.

Ajouté à cela, des bâtiments dont la réhabilitation ou la démolition menacent déjà un budget prévisionnel :

- La maison du Bas-Folin, située au Pré du Massé, à la limite Nièvre/Saône-et-Loire (que l’ONF pourrait « céder »), a été vandalisée depuis son abandon par l’ONF et, en plus d’être totalement isolée, est dépourvue de tout confort.


La maison du Bas Folin


- La maison de la croisette, située prés des Gorges de la Canche et de l’Etang de la Goulette (que l’ONF pourrait également « céder »), est en meilleur état et toujours occupée, généralement à la belle saison (mars-octobre) voire quelquefois en hiver.


La maison de la Croisette (en septembre 2016)

- La caserne du Haut-Folin située au sommet du massif (901 mètres), au bout de la route forestière du « Bois du Roi », jouxte les émetteurs de TDF qui distribuent la TNT sur une grande partie de la Bourgogne (et pas toujours la partie la plus proche…) ainsi que ceux des opérateurs de téléphonie mobiles.


La caserne au pied des pylones
(des, il y en a un autre en face...)

Ce bâtiment militaire abritait jadis (depuis le milieu des années 1970) les hommes du GTR801 (Groupement de Transmissions Régional) dépendant de la Base Aérienne 102 de Dijon dont la mission était d’assurer les liaisons troposphériques notamment avec Montgueux (10), Henrichemont (18) et Avord (18) destinées au réseau « Air 70 ».

Avec l’évolution technologique, cette mission a pris fin au début des années 2000, les locaux ont été libérés et désaffectés.

Aujourd’hui, ce bâtiment est inutilisable. Qui va investir dedans et surtout qui va payer sa démolition ?

L’idée d’une « Tour d’observation » sur ce site semble avoir été définitivement abandonnée.
A priori judicieuse idée que cet abandon car en dehors de voir la cime des arbres, quand ils ne seront pas pris dans la brume ou dans la neige (c’est à dire assez souvent), on ne peut rien voir d'autre.
Par ailleurs, lorsque l’on sait combien les gens sont sensibles à la proximité des antennes hertziennes et de leurs rayonnements, on imagine mal les touristes séjourner sous les pylônes pour admirer le paysage…
( Rappel : l’unité de mesure, le DAS (Débit d'Absorption Spécifique), caractérise la puissance absorbée par une unité de masse de tissus du corps humain. Il est exprimé en Watt par kilogramme (W/Kg)).

Les frais à engager dans ces trois derniers exemples sont considérables.

Enfin, pour terminer sur une note d'humour, l'exemple de la dure coordination au sein de cette Région :


Borne routière

On sort de la Nièvre par la Route Départementale 500 pour rentrer en Saône-et-Loire par une Route Forestière...
Les connaisseurs apprécieront !

 2013-Une nouvelle signalétique

Une nouvelle signalétique, plutôt sympathique, vient de faire son apparition.
Grace à elle on découvre (un peu) le Haut-Folin et l'on y apprend notamment que l'étymologie correspondrait à "Le grand Hêtre" ou "Lieu où il y a des Hêtres".


Découvrez le Haut-Folin...


Ses ballades à pieds et en VVT...


Elle jalonne les sentiers de randonnée pédestre tout comme ceux de VTT.

Et les circuits de VTT c'est plutôt "le pied", jugez par vous même : des tracés de 6, 12 et 15 km à profil descendant de 400, 450 et 550 mètres de dénivelé ! Notez qu'il faut quand-même monter pour pouvoir descendre... Ou prévoir... !
(à découvrir en zoomant les photos ci-dessus)


ses pistes des ski de fond...

 


...vues en détail...
Une petite confusion toutefois, ce qui est appelé "l'Yonne" est en réalité le "Ruisseau de la Proie", l'Yonne étant située juste à l'Ouest.


Une autre signalétique est destinée aux pistes de ski de fond.
5 pistes de 3 à 13 km sont proposées pour 3 niveaux de difficulté (à découvrir en zoomant les photos ci-dessus)


Au départ de Prénerny


et sur les pistes


Le jalonnement est tout à fait correct, d'ailleurs, il parait que l'on se perd souvent dans le massif du Haut-Folin... mais jamais très longtemps !

Petit rappel aux "piétons" qui empruntent les pistes de ski de fond : si l'été il n'y a pas de risques, gare l'hiver lorsque les pistes sont ouvertes... Un accident est vite arrivé !

Dommage que l'accès à l'étang de Prénerny soit toujours réservé aux grands explorateurs... Le bord de l'eau se mérite...


Si, si ! L'étang est bien là, derrière le chalet, au fond

 Quoi de neuf en 2015 ?

Tout d'abord, concernant les 2 maisons forestières, dont je disais que l'ONF pourrait les céder, il semble que ce soit fait.
La Croisette a été vendue à un particulier et celle du Bas Folin à la commune de Saint-Prix, à priori en vue d'ouvrir un restaurant.

Ensuite, l’idée d’une « Tour d’observation » à proximité des relais ne semble pas abandonnée du tout contrairement à ce que je pensais.
A voir une suite plus concrète.

Enfin, Le chalet de Préperny dont je disais qu'il faudrait pousser les murs, et bien là, c'est en route.

    
Les pieds seront au chaud et il y aura plus de place !


Le nouveau chalet (Septembre 2016)

Un nouveau chalet d'environ 80m²réalisé à côté du premier par la communauté de communes du Haut-Morvan devrait permettre d'offrir ce qui manquait, notamment de la place et...


... des toilettes ;-)

Son mode de fonctionnement ne devrait pas changer : ouvert en période de neige seulement. Merci Skymo !

 2016 et le Giga belvédère

Voilà quelques années je pensais que l'idée d'une tour d'observation était abandonnée.
Eh bien non ! Elle refait surface avec beaucoup de vigueur mais hélàs aussi beaucoup de discrétion de la part des élus et autres "responsables".
Il ne s'agit plus maintenant d'une Tour mais d'un Giga bevédère, rien que ça ! Le tout via un "investisseur" privé (et étranger).
Tout cela n'ira pas non plus sans un minimum d'accompagnement : Restauration (300 couverts), circulation dans les villages et sur les routes du site, parking (250 places VL plus 10 cars) etc...
Le réseau routier est en piteux état mais qu'importe, pour l'instant cela semble secondaire.
Rien n'est fait pour développer le tourisme local en offrant alentour des possibilités de restauration ou plus simplement des buvettes, mais qu'importe.
Toute la mise va au Giga belvédère.
 
Il suffit pourtant d'être monté une fois, une seule toute petite fois, au Haut-Folin pour voir... qu'il n'y a rien à voir. Du moins pas en s'élevant à 150 mètres du sol.
Je l'écrivais plus haut dans le chapitre "Et maintenant ?", "en dehors de voir la cime des arbres, quand ils ne seront pas pris dans la brume ou dans la neige (c’est à dire assez souvent), on ne peut rien voir d'autre.
Par ailleurs, lorsque l’on sait combien les gens sont sensibles à la proximité des antennes hertziennes et de leurs rayonnements, on imagine mal les touristes séjourner sous les pylônes pour admirer le paysage…"

Aujourd'hui nous lisons dans la presse :
[Qu'il existerait] "...une application géniale permettant à l’aide de la tablette de voir en 360° le panorama comme s’il n’y avait pas la forêt ! Mais du coup, avec cette belle application, pourquoi tant d’investissements privés et publics pour un Giga-Belvédère permettant une vue à 360° notamment sur le relais TV et le bâtiment militaire, surtout quand on connaît la météo capricieuse de la région ?..."
Ressemblant non ?

Petit rappel comparatif.
Dans ce projet ce sont 250 000 visiteurs qui seraient attendus (éxigés) chaque années pour rentabiliser l'opération.
Personnellement, je me dis qu'à cet endroit, plus de 600 personnes par jour (quand les dits jours le permettent), c'est un peu... irréfléchi... (sauf pour la taille du parking qui serait plein tous les jours).

     
Donc 250 000 visiteurs annuels ici...

A quoi cela correspont-il ?
Et bien, en termes de visiteurs, cela amènerait le Haut-Folin à jouer dans la même cour que la Grotte de Lascaux 2, la Cathédrale de Troyes, l'Ossuaire de Douaumont, le site de Navacelles ou encore la France miniature à ses débuts pour ne citer que ceux là...
 
Raisonnable pour ce coin de Morvan ?
 
Reste la question de Cicéron (Marcus Tullius Cicero) : « Cui bono ? », à qui profite le crime ?

Pour en savoir plus, voyez le Blog pour la Défense du Haut Folin : https://defenseduhautfolin.wordpress.com/

ou le site de Gens du Morvan qui relate notamment une réunion sur le thème :  http://goo.gl/y6Gc4E

A n'en point douter, nous nous retrouverons encore sur cette page...


    2017, Giga Belvédère, suite

Comme prévu nous nous retrouvons sur la page du "Giga Belvédère"

L'Entreprise allemande EAK a annoncé le 14 Septembre 2017 qu'elle renonçait à ce projet. Le PNRM en a pris acte mais, par une déclaration de son Président, mais lui ne renonce toutefois pas.

Nous pouvons donc penser, sans effort, que ce projet n'est pas enterré et reviendra à la surface d'ici 2 ou 3 ans... En espérant qu'il ne soit pas envisagé à nouveau de manière aussi basique... 

Un extrait du journal du Centre relatant cette décision est disponible sur ce site en cliquant sur ce lien.


A bientôt...



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